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| Anonyme / Coll. L. Watt-Owen © / click to enlarge |
LA MAIN DE SINGE
dimanche 5 février 2012
Interlude pour insomniaques / 32
Jiri Barta / Labyrinth of Darkness
A Ballad About Green Wood
11 minutes, color, 1983
The Club of the Laid Off
25 minutes, color, 1989
The Design
6 minutes, color, , 1981
Disc Jockey
10 minutes, color, 1980
The Last Theft
21 minutes, color, 1987
The Pied Piper of Hamelin
55 minutes, color, 1985
Riddles For a Candy
8 minutes, color, 1978
The Vanished World of Gloves
16 minutes, color, 1982
samedi 4 février 2012
vendredi 3 février 2012
jeudi 2 février 2012
"Ah ! Camarade !…"
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| Dessin du grand Guido Buzzelli |
" (…) Ah ! camarade ! Ce monde n’est je vous l’assure qu’une immense entreprise à se foutre du monde ! Vous êtes jeune. Que ces minutes sagaces vous comptent pour des années ! Écoutez-moi bien, camarade, et ne le laissez plus passer sans bien vous pénétrer de son importance, ce signe capital dont resplendissent toutes les hypocrisies meurtrières de notre Société : “L’attendrissement sur le sort, sur la condition du miteux...” Je vous le dis, petits bonshommes, couillons de la vie, battus, rançonnés, transpirants de toujours, je vous préviens, quand les grands de ce monde se mettent à vous aimer, c’est qu’ils vont vous tourner en saucissons de bataille... C’est le signe... Il est infaillible. C’est par l’affection que ça commence. Louis XIV lui au moins, qu’on se souvienne, s’en foutait à tout rompre du bon peuple. Quant à Louis XV, du même. Il s’en barbouillait le pourtour anal. On ne vivait pas bien en ce temps-là, certes, les pauvres n’ont jamais bien vécu, mais on ne mettait pas à les étriper l’entêtement et l’acharnement qu’on trouve à nos tyrans d’aujourd’hui. Il n’y a de repos, vous dis-je, pour les petits, que dans le mépris des grands qui ne peuvent penser au peuple que par intérêt ou sadisme... Les philosophes, ce sont eux, notez-le encore pendant que nous y sommes, qui ont commencé par raconter des histoires au bon peuple... Lui qui ne connaissait que le catéchisme ! Ils se sont mis, proclamèrent-ils, à l’éduquer... Ah ! ils en avaient des vérités à lui révéler ! et des belles ! Et des pas fatiguées ! Qui brillaient ! Qu’on en restait tout ébloui ! C’est ça ! qu’il a commencé par dire, le bon peuple, c’est bien ça ! C’est tout à fait ça ! Mourons tous pour ça ! Il ne demande jamais qu’à mourir le peuple ! Il est ainsi. “Vive Diderot !” qu’ils ont gueulé et puis “Bravo Voltaire !” En voilà au moins des philosophes ! Et vive aussi Carnot qui organise si bien les victoires ! Et vive tout le monde ! Voilà au moins des gars qui ne le laissent pas crever dans l’ignorance et le fétichisme le bon peuple ! Ils lui montrent eux les routes de la Liberté ! Ils l’émancipent ! Ça n’a pas traîné ! Que tout le monde d’abord sache lire les journaux ! C’est le salut ! Nom de Dieu ! Et en vitesse ! Plus d’illettrés ! Il en faut plus ! Rien que des soldats citoyens ! Qui votent ! Qui lisent ! Et qui se battent ! Et qui marchent ! Et qui envoient des baisers ! À ce régime-là, bientôt il fut fin mûr le bon peuple. Alors n’est-ce pas l’enthousiasme d’être libéré il faut bien que ça serve à quelque chose ? Danton n’était pas éloquent pour les prunes. Par quelques coups de gueule si bien sentis, qu’on les entend encore, il vous l’a mobilisé en un tour de main le bon peuple ! Et ce fut le premier départ des premiers bataillons d’émancipés frénétiques ! Des premiers couillons voteurs et drapeautiques qu’emmena le Dumouriez se faire trouer dans les Flandres ! Pour lui-même Dumouriez, venu trop tard à ce petit jeu idéaliste, entièrement inédit, préférant somme toute le pognon, il déserta. Ce fut notre dernier mercenaire... Le soldat gratuit ça c’était du nouveau... Tellement nouveau que Gœthe, tout Gœthe qu’il était, arrivant à Valmy en reçut plein la vue. Devant ces cohortes loqueteuses et passionnées qui venaient se faire étripailler spontanément par le roi de Prusse pour la défense de l’inédite fiction patriotique, Gœthe eut le sentiment qu’il avait encore bien des choses à apprendre. “De ce jour, clama-t-il, magnifiquement, selon les habitudes de son génie, commence une époque nouvelle !” Tu parles ! Par la suite, comme le système était excellent, on se mit à fabriquer des héros en série, et qui coûtèrent de moins en moins cher, à cause du perfectionnement du système. Tout le monde s’en est bien trouvé. Bismarck, les deux Napoléon, Barrès aussi bien que la cavalière Elsa. La religion drapeautique remplaça promptement la céleste, vieux nuage déjà dégonflé par la Réforme et condensé depuis longtemps en tirelires épiscopales. Autrefois, la mode fanatique, c’était “Vive Jésus ! Au bûcher les hérétiques !”, mais rares et volontaires après tout les hérétiques... Tandis que désormais, où nous voici, c’est par hordes immenses que les cris : “Au poteau les salsifis sans fibres ! Les citrons sans jus ! Les innocents lecteurs ! Par millions face à droite !” provoquent les vocations. Les hommes qui ne veulent ni découdre, ni assassiner personne, les Pacifiques puants, qu’on s’en empare et qu’on les écartèle ! Et les trucide aussi de treize façons et bien fadées ! Qu’on leur arrache pour leur apprendre à vivre les tripes du corps d’abord, les yeux des orbites, et les années de leur sale vie baveuse ! Qu’on les fasse par légions et légions encore, crever, tourner en mirlitons, saigner, fumer dans les acides, et tout ça pour que la Patrie en devienne plus aimée, plus joyeuse et plus douce ! Et s’il y en a là-dedans des immondes qui se refusent à comprendre ces choses sublimes, ils n’ont qu’à aller s’enterrer tout de suite avec les autres, pas tout à fait cependant, mais au fin bout du cimetière, sous l’épitaphe infamante des lâches sans idéal, car ils auront perdu, ces ignobles, le droit magnifique à un petit bout d’ombre du monument adjudicataire et communal élevé pour les morts convenables dans l’allée du centre, et puis aussi perdu le droit de recueillir un peu de l’écho du Ministre qui viendra ce dimanche encore uriner chez le Préfet et frémir de la gueule au-dessus des tombes après le déjeuner... »
Princhard
mercredi 1 février 2012
The Nobody Snatcher / 7
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| Le roupilleur / coll. L. W.-O. / click to enlarge |
"Quand le moment n'est pas le bon,
il n'y a strictement RIEN à faire."
Marquis de l'Orée (piqué dans son courrier reçu aujourd'hui)
mardi 31 janvier 2012
INTERLUDES POUR INSOMNIAQUE / 30
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| Dessin de Pierre la Police via La Superette © |
Y'a pus rien à la télé par Pierre la Police via Vimeo.
La Crise de Pierre la Police via Vimeo.
série de courts-métrages (30 épisodes) / TV mini-serie (30 episodes)
co-director / co-réalisateur : pierre la police
diffusion : canal + 2001
Pierre la Police est représenté par La Superette.
The Nobody Snatcher / 6
lundi 30 janvier 2012
Sitting at the top of the world
| Ardoises par L. Watt-Owen ©, Tréguier, 2011 / click to enlarge |
Quand j'attrape mon stylo et un bout de papier ou que je pianote mon clavier, je dois chaque fois vaincre la sensation de chiqué : comment oublier le ravissement éprouvé, môme, quand je grimpais incognito la nuit sur le toit de la ferme en plein orage, pour écrire à la craie sur les ardoises et les tuiles en tenant tête aux éclairs et au vertige ? Ma main griffonnait toute seule sous la dictée du tonnerre et tout le tremblement. Mais bientôt une autre main, gigantesque, m'attrapait par la peau du cul et me redescendait sans ménagement sur le plancher des vaches. "C'est bien simple, si jamais tu remontes là-haut, c'est pas moi qui retournerai te chercher et rincé comme t'es faudra voir à pas venir te plaindre si t'attrapes la crève ! " gueulait le pépé en chuchotant pour ne pas réveiller la mémé, mais elle nous attendait déjà dans la cuisine avec du lait bouillant, des torchons chauds, un pyjama sec, de la pommade bleue de marque Wicks Vaporub, de l'Aspro et un peigne. Jamais je n'ai si bien dormi qu'après ces séances d'exaltation.
Au matin, je remontais lire ça, voir si je n'avais pas rêvé : Las ! La vie avait déjà renoirci le tableau.
L. W.-O.
samedi 28 janvier 2012
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