dimanche 4 février 2018

"Je suis fait pour la réclusion monastique"


Paul Rockett : Glenn Gould’s Hands, 1956







(On peut sauter directement à 0.45mn pour voir 
le phénomène faire son numéro, avec la voix de Donald !)



Video : Glenn Gould compositeur :
String Quartet Op.1 / Alcan Quartet


"Je suis fait pour la réclusion monastique."

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"Je ne connais pas la proportion exacte mais j'ai toujours pensé que pour chaque heure passée en compagnie d'êtres humains, il fallait X heures passées tout seul. Ce qu'est X, je n'en sais rien, peut-être quelque chose comme deux heures et sept huitièmes ou sept heures et deux huitièmes mais en tout cas c'est beaucoup beaucoup de temps."
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"Il me semblait que tout le monde partageait ma passion pour les ciels nuageux. Quel choc quand j'ai compris que certaines personnes préféraient le soleil !"
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"Un jour j'écrirai ma biographie, qui sera certainement fictive."
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"Le rapport entre artiste et auditeur devrait être, selon moi, un rapport de un à zéro." 
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"Je n’aime pas des mots tels "artiste" et "public" et leurs implications hiérarchiques." 
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"L’artiste devrait pouvoir jouir de l’anonymat, ignorant de la soi-disant demande du marché. Il ferait contact à un niveau bien plus significatif."
Glenn Gould

Bonus ici

"(…) Au fond, nous voulons être piano, dit-il, non pas homme mais piano, nous fuyons l'homme que nous sommes pour devenir entièrement piano, et pourtant cela échoue nécessairement, et pourtant nous ne voulons pas y croire, c'est lui qui parle. L'interprète au piano (il ne disait jamais pianiste !) est celui qui veut être piano, et je me dis d'ailleurs chaque jour, au réveil, que je veux être le Steinway, non point l'homme qui joue sur le Steinway, c'est le Steinway lui-même que je veux être. Parfois nous sommes proches de cet idéal, dit-il, très proches, spécialement quand nous croyons que nous sommes d'ores et déjà fous, quasiment sur le chemin de cette démence que nous craignions plus que tout au monde. (…)"
Thomas Bernhard, Le Naufragé







jeudi 1 février 2018

"Rien de plus méprisable…"

L'avenant Arno Schmidt saisi sur le vif par sa femme Alice
© Arno Schmidt Stiftung, Bargfeld


"Rien de plus méprisable que des journalistes qui aiment leur métier (à part les avocats bien-sûr !)"
Arno Schmidt
Miroirs noirs
traduction
Claude Riehl

mercredi 31 janvier 2018

"Leur énergie me dépasse…"

© Bill Domonkos

"Ce que je comprends de moins en moins, ce sont les natures fortes, généreuses, fécondes, en perpétuelle émanation, toujours contentes de produire, de se manifester, d'être. Leur énergie me dépasse, mais je ne la leur envie pas. Elles ne savent pas ce qu'elles font…"

Cioran, Cahiers
Dessin de Gary Larson ©
BONUS : du Gary Larson à foison !!!!!

mardi 30 janvier 2018

"La grande fatigue de l'existence humaine…"


"La grande fatigue de l'existence humaine n'est peut-être en somme que cet énorme mal qu'on se donne pour demeurer vingt ans, quarante ans, davantage, raisonnable, pour ne pas être simplement, profondément soi-même, c'est-à-dire immonde, atroce, absurde. Cauchemar d'avoir à présenter toujours comme un petit idéal universel, surhomme du matin au soir, le sous-homme claudicant qu'on nous a donné. "
Louis-Ferdinand Céline
Voyage au bout de la nuit

lundi 29 janvier 2018

Comme un gant


« Dans ma jeunesse, on avait l’habitude de se faire faire des gants sur mesure. Se faire tenir la main par le gantier était une sensation très particulière. En lisant le plus récent livre de Bove, j’ai eu le souvenir de cette sensation, jusqu’au sentiment physique des doigts exposés aux calculs du gantier. » 
Rainer Maria Rilke

novembre 1925
Lettre 
à Maurice Betz 
après sa lecture de 
Visite d’un soir


dimanche 28 janvier 2018

"Tous nous relevons la tête…"



"Maintes fois, tous nous relevons la tête en croyant qu'il nous faut dire la vérité ou la vérité apparente et nous la rentrons dans les épaules. C'est tout."
Thomas Bernhard, La Cave







vendredi 26 janvier 2018

Éloge du délit de sale gueule


Je pratique sans vergogne le délit de sale gueule : tous ceux qui la ramènent dans le poste, sur la toile, sur la moindre tribune, tous ceux qui veulent se vendre, me convaincre, me bourrer le mou, me pédagogiser, qui me font du chantage moral, me prennent pour plus con qu'eux qui ont tout compris, tous ces agents moraux, ces spécialistes, ces infatués auteurs, ces pipoles, ces baratineurs intarissables, ces faux cul, ces lèche-cul, ces groins sonores, journalistes, écrivains, philosophes, chroniqueurs, acteurs, politiques, animateurs de talk-show, etc…, tous ceux qui me prennent de haut ou, encore pire !, pour leur semblable ! etc… ces tronches de cake (comme on disait dans mon vieux temps) portent leur saloperie, leur connerie, leur abjection, leur ignominie, leur stupidité, leur vanité, leur infatuation, leur orgueil, leur trouille, leur manque de génie, leur inculture crasse, leur manque de goût, leur misérable sexualité, leur perversité, leur prétention inouie sur le visage. Ils la ramènent sur tous les sujets, ont toujours quelque chose à dire, toujours quelque chose à nous fourguer la main sur le cœur, leurs ignobles bouquins, idées, spectacles, programmes, leçons de vie, promesses, recettes, solutions, et autres refrains à la con à vendre etc… 



Ils se répandent partout. Ils sont devenus inévitables depuis qu'ils portent, en plus, plusieurs casquettes. Ce cuistot étoilé écrit des essais sur l'oppression cybernétique et milite pour les toilettes sèches, ce romancier effarant est aussi critique, éditeur, membre de jury et a des idées en matière de géopolitique, de réchauffement climatique et de sport, il va bientôt sortir un disque, cette starlette se pique de coaching, de mécanique et de taoïsme, cet universitaire incontinent est aussi un marathonien de l'extrême, ce repenti d'une secte est un fondu de cuisine moléculaire et spécialiste des films de François Truffaut, ce rappeur analphabète est devenu un grand acteur et publie son autobiographie où il cite Schopenhauer, ce ministre des finances videur de nos bourses publie un roman où il nous raconte comment il se masturbe dans sa baignoire en lisant Thomas Bernhard en boche, cet ancien hurleur punk se produit désormais avec les Enfoirés pour les Restos du cœur, cette ex-politicienne s'est reconvertie dans la pédagogie sexuelle et se dévoue dans l'humanitaire, cet auteur de best-sellers est devenu réalisateur et se réclame d'Orson Welles et Tarkowski, cette putain d'actrice balance son porc, cet humoriste sinistre est féru de Michel Onfray, ce présentateur de JT fait son outing dans un magazine gay en exhibant ses tatouages et ses cicatrices et déclare sa double passion pour Cioran et une série télé gore et se dévoue dans le privé pour les enfants atteints de maladies rares en faisant des selfies dans les hopitaux, cet ancien mannequin anorexique écrit des livres contre le tabac, le cannabis et la betterave rouge, cette merdeuse de Télé Réalité connue pour les ravages de son vagin accueillant dans le monde politique fait des publicités pour les déplacements durables en trottinette électrique et lance une pétition contre Donald Trump,  etc… 
Je refuse de les lire, de les écouter, je ne peux absolument pas les voir et leurs immondes petites affaires ne me regardent pas. Je n'ai rien à voir avec eux et ne veux absolument pas marcher dans leur combine. Je m'abstiens sanitairement de leur prêter la moindre attention. Je les ai d'avance en aversion radicale. Il me suffit pour qu'ils me répugnent, d'avoir croisé une seconde dans un kiosque, une librairie, sur la toile ou à la télé leur gueule impayable de tarés absolus et d'ordures abjectes, leur suffisance satisfaite de connards et connasses, qui croient que je vais leur faire crédit. 
Leur gueule, que dis-je ! : leur sale gueule. Leur grande gueule. Leur sale grande gueule. Leur tête de con. Leur grosse tête, flatulente et puante, d'enflures. Leur trogne effarante et éloquente à elle seule de ce qu'ils sont. Qui ne me revient décidément pas, et ne me reviendra jamais. 
En pratiquant sans vergogne le délit de sale gueule, je m'épargne ainsi de lire, écouter, regarder, fréquenter tout ce beau monde. Je les devine au premier coup d'oeil : ils incarnent leur propre caricature.

L. W.-O.

samedi 1 juillet 2017

Grand Concours International de "Doubles de Clément Rosset" : 1000 champions ex-aequo !







Parrainé par La Main de Singe, le premier Grand Concours International de Doubles de Clément Rosset (édition 2017) s'est déroulé cette semaine au Néo-Mexique. Le philosophe participait paraît-il lui-même, incognito, à cette compétition et comme à son ordinaire se montra d'une telle discrétion et d'une telle modestie qu'il ne se distingua jamais du lot ni ne se fit remarquer plus qu'un autre. Nul ne peut affirmer qu'il était présent, mais nul ne peut non plus affirmer le contraire. 

Rappelons qu'il ne s'agissait pas d'un simple championnat de vulgaires sosies. Les candidats devaient certes non seulement ressembler un minimum à Clément Rosset, mais, d'autre part, connaître un maximum ses ouvrages et sa philosophie, à savoir aussi bien sinon mieux que lui, au point qu'on pourrait croire qu'ils en sont l'auteur lui-même. Le critère majeur était que l'on puisse être vraiment pris pour Clément Rosset, tout en ne se prenant pas soi-même pour Clément Rosset. Rude challenge, qui excluait tous les farceurs, tous les imitateurs, tous les dingues, tous les sosies, dont certains peuvent certes ressembler à Clément Rosset plus que le philosophe lui-même, mais ouvrent-ils la bouche de leur tête si troublante qu'on peut voir illico qu'elle n'est pas équipée d'un cerveau adéquat.

Ce Concours se déroulait à guichets fermés, dans les salons du Mateo, le plus luxueux hôtel du Néo-Mexique. Il a attiré, du monde entier,  un millier de compétiteurs répondant à tous les critères énumérés plus haut. Ce nombre faramineux a donné lieu à un fort comique imbroglio qui restera dans les mémoires et même dans la légende locale. Le Néo-Mexique se souviendra longtemps de ce jour incroyable : enfin il se passait quelque chose au Néo-Mexique, et quelque chose de pas commun, un phénomène unique au monde.

En effet, la quasi totalité des indigènes néo-mexicains se sont précipités aux Urgences Psychiatriques, tous terrifiés d'avoir vu le philosophe français tant de fois de suite et aux quatre coins de la ville à la fois que, de deux choses l'une, soit celui-ci était vraiment doué du fantastique don d'ubiquité, soit ils étaient devenus dingos. Le Concours étant privé et n'ayant pas connu de publicité, on ignorait sa tenue.

D'ordinaire, quand Clément Rosset passe ses vacances, comme depuis des dizaines d'années, au Néo-Mexique, il est d'une telle discrétion, reclus dans sa petite maison de la montagne, que nul, alors, ne peut assurer qu'il soit bien présent sur l'ile. 

Cette soudaine pullulation d'apparitions du philosophe a de fait donné la berlue aux locaux. Non seulement tout le monde affirmait l'avoir aperçu, mais chacun certifiait même l'avoir croisé plusieurs fois de suite : ils le croyaient derrière eux et voilà qu'il était maintenant à nouveau devant eux, et un plus loin ils retombaient encore sur lui, etc… On le remarquait en terrasse sirotant du vin frais et voilà qu'il était au même moment sur le trottoir d'en face en train d'essayer un tuba, un masque et des palmes au grand Bazar. Un taxiteur qui le transportait faillit avoir un accident quand un autre taxi transportant lui aussi le philosophe le doubla, lequel, effaré à son tour, croisa d'autre taxis transportant tous le même client que lui et tous ces professionnels pourtant doués d'une vue parfaite n'en crurent pas leurs yeux. Chacun de ces malicieux passagers, interrogés par les taxiteurs, confirma qu'il était bien, lui, le seul et unique Clément Rosset en personne.

Tandis que le Concours battait son plein, tous les indigènes faisaient, eux, la queue devant les Urgences, où aucun psy n'était en mesure de les recevoir. Et pour cause ! : ces professionnels de la dinguerie avaient eux-mêmes croisé cent fois de suite Clément Rosset et doutaient désormais sérieusement de leur propre santé mentale. Ils faisaient donc discrètement la queue avec ceux qui venaient les consulter.

Le règlement de ce concours original stipulant que seuls gagneront les perdants puisqu'un aficionado convaincu de Clément Rosset ne saurait se revendiquer le double parfait du philosophe bien qu'il lui ressemble jusqu'à la confusion, tous les candidats ont été recâlés et de fait sacrés champions ex-aequo et se sont congratulés joyeusement comme un seul homme avant de trinquer en l'honneur du natif de Carteret. 

Chacun s'est vu remettre comme médaille un authentique camembert normand très coulant, de marque La Force Majeure, et a eu bien du mal à le porter autour du cou sans saloper sa chemise, mais tous ces champions étant de joyeux tempérament, aucun d'entre eux n'en a fait un fromage. On s'abreuva énormément, on mangea tout aussi démesurément et on dansa la jota jusqu'à la transe dans les rues.

J'en profite pour annoncer le lancement de deux autres compétitions internationales parrainées par La Main de singe : le Concours International d'Imitateurs de Thomas Bernhard (qui se déroulera l'an prochain à Gmunden), et le Concours International de Réincarnation de Samuel Beckett (qui se tiendra à Ussy, avec comme bonus un cruel Stock-Car de 2CV). On peut d'ores et déjà s'inscrire à nos bureaux.
L. W.-O.





mardi 27 juin 2017

"Un risque de dommage sérieux pour la réputation de l’auteur…"




"Le fait d’écrire, outre le labeur exorbitant qu’il implique, comporte également un risque de dommage sérieux pour la réputation de l’auteur. Car c’est un des effets les plus curieux mais aussi les plus fréquents du passage à l’écriture que d’amplifier et décupler la médiocrité de propos ou de pensées qui, exprimés oralement et sous forme de conversation, peuvent fort bien « passer », apparaître même comme assez fins et justes. Je ne me suis jamais clairement expliqué la nature de ce mécanisme impitoyable qui transforme presque à tous les coups, du seul fait de la transformation de la chose parlée en chose écrite, une réflexion qui semble originale en platitude piteuse, une remarque qui semble pénétrante en trivialité, une idée qui semble intelligente en sottise, et ainsi de suite, – bref, qui transforme le plus souvent un homme intelligent, lorsqu’il n’écrit pas, en homme borné, lorsqu’il entreprend d’écrire. Je me contente donc de mentionner le fait sans l’expliquer, laissant à d’autres, s’ils en sont capables, le soin d’élucider le mystère."

Clément Rosset, Le Choix des mots

lundi 26 juin 2017

"Maintenant, nous savons que n’importe quoi peut nous tomber dessus…"

Ingmar Bergman



"Mes cauchemars sont toujours noyés, inondés de soleil et je hais les régions méditerranéennes justement pour cette raison. [...] Quand je vois un ciel infini sans nuage, je me dis, tiens c'est peut-être la fin de notre planète…"
***
"Tout existe côte à côte et s'interpénètre ; comme d'immenses motifs qui changent sans cesse ; de la même façon il doit y avoir un nombre illimité de réalités, pas seulement la réalité que perçoivent nos sens mais un tumulte de réalités s'enroulant et se déroulant, dedans et dehors. Seuls la peur et le bon sens établissent des obstacles. Il n'y a pas de limites."

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"Chaque jour, chaque heure, chaque minute de notre vie est quadrillé. Et dans chaque petit carré, il est inscrit ce que nous devons faire. Les carrés se remplissent au fur et à mesure et bien longtemps à l’avance. Et qu’il y ait soudain un carré sans rien de prévu, nous voilà pris de panique et nous nous dépêchons de le remplir avec toutes sortes de pattes de mouches."

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"Dans le temps, on croyait que rien ne pouvait nous arriver. Maintenant, nous savons que n’importe quoi peut nous tomber dessus. C’est, en fait, toute la différence."

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"La vie a exactement la valeur qu'on lui attribue."

Ingmar Bergman

mercredi 14 juin 2017

"Mes espaces sont fragiles" (Vivre chez Perec ?)

L'appartement de Georges Perec 
est à vendre sur Le Bon Coin.
Le fantôme est en bonus.

"Bientôt, le vieil appartement deviendra un coquet logement, double-liv. + ch., cft., vue, calme. Gaspard Winckler est mort, mais la longue vengeance qu'il a si patiemment, si minutieusement ourdie, n'a pas encore fini de s'assouvir." 
La Vie mode d'emploi














"J’aimerais qu’il existe des lieux stables, immobiles, intangibles, intouchés et presque intouchables, immuables, enracinés ; des lieux qui seraient des références, des points de départ, des sources …


Mon pays natal, le berceau de ma famille, la maison où je serais né, l’arbre que j’aurais vu grandir (que mon père aurait planté le jour de ma naissance), le grenier de mon enfance empli de souvenirs intacts…


De tels lieux n’existent pas, et c’est parce qu’ils n’existent pas que l’espace devient question, cesse d’être évidence, cesse d’être incorporé, cesse d’être approprié. L’espace est un doute : il me faut sans cesse le marquer, le désigner ; il n’est jamais à moi, il ne m’est jamais donné, il faut que j’en fasse la conquête.



Mes espaces sont fragiles : le temps va les user, va les détruire : rien ne ressemblera plus à ce qui était, mes souvenirs me trahiront, l’oubli s’infiltrera dans ma mémoire, je regarderai sans les reconnaître quelques photos jaunies aux bords tout cassés. Il n’y aura plus écrit en lettres de porcelaine blanche collées en arc de cercle sur la glace du petit café de la rue Coquillière : " Ici, on consulte le bottin " et " Casse-croûte à toute heure".


L’espace fond comme le sable coule entre les doigts. Le temps l’emporte et ne m’en laisse que des lambeaux informes…

Ecrire : essayer méticuleusement de retenir quelque chose, de faire survivre quelque chose : arracher quelques bribes précises au vide qui se creuse, laisser, quelque part, un sillon, une trace, une marque ou quelques signes."

Georges Perec, Espèces d'espaces


dimanche 11 juin 2017

une godasse, des Godot










Video : Werner Herzog mange ses godasses



"Voilà l'homme tout entier, s'en prenant à sa chaussure alors que c'est son pied le coupable. "

Samuel Beckett, En attendant Godot





vendredi 9 juin 2017

"Qu'à lever la tête…"

Montagnes de 

"Qu'à lever la tête
c'est la beauté
qu'à la lever
qu'à la
lever.
Je vous embrasse
Sam"

Samuel Beckett, 
Carte postale
de Courmayeur
à Anne Atik
7 juillet 1980


Ci-dessous, d'autres
Montagnes de 




mercredi 7 juin 2017

"N'en parlons pas"



"Les larmes du monde sont immuables. Pour chacun qui se met à pleurer, quelque part un autre s'arrête. Il en va de même du rire. Ne disons pas de mal de notre époque, elle n'est pas plus malheureuse que les précédentes. N'en disons pas de bien non plus. N'en parlons pas."
Samuel Beckett, En attendant Godot