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jeudi 6 février 2025

On en est là ?

 

 

On en est là ?

Si l'on en croit les publicités, prochainement paraîtra la fameuse trilogie d'Arno Schmidt Les Enfants de Nobodaddy (Nobodaddy's Kinder). Préfacée par Marie Darrieussecq !!! Ah nom de Dieu ! Pourquoi pas par Amélie Nothomb ?!?! ou Claire Chazal ?!

Est annoncé aussi, depuis un moment déjà, un recueil de poèmes inédits de Charles Bukowski, chez un autre éditeur,  traduits par Virginie Despentes, que l'éditrice exaltée estime être la Bukowski française — il est vrai qu'elle est presque aussi barbue et moustachue et s'y connaitrait en descente de mousse.

Aux Élysées, Charles Bukowski rigole à en dégueuler et se décapsule en rotant une Bud avec les dents. Arno Schmidt ne lève même pas son museau plongé dans la lecture de Rayas Richa. Jean-Claude Hémery et Claude Riehl élèvent de puissants doigts d'honneur synchronisés et attrapent de l'autre main la Bud fraîche que leur tend l'ami Hank.

À quand une biographie de Baudelaire par Michel Houellebecq, en feuilleton dans Valeurs Actuelles ? Un Rabelais abrégé en français inclusif par Daniel Pennac ? Un Mon Jacques Tati par Michel Onfray, préfacé par Éric Naulleau, qui décroche le Grand Prix des Pompes Funèbres ? Un inédit inachevé de Thomas Bernhard traduit et terminé par Bruno Le Maire ? À quand un Beckett pour les Nuls par Xavier Niel ? Un J'irai dormir chez Cioran par ChatGPT ? Les Bagatelles de Céline annotées par Éric Zemmour ? À quand un biopic de Robert Walser avec Jean Dujardin ?  Un  Vie et aventures de Montaigne au Puy du Fou ? Un Dictionnaire amoureux de Nicolas Bouvier par Bruno Retailleau ? un Joey Starr rappe Arthur Cravan ? Les poèmes d'Emily Dickinson traduits par Brigitte Macron et Deepseek, mis en musique par Benjamin Biolay et chantés par Clara Luciani ? Le Voyage d'Hiver de Schubert en autotune par Jul ?…

On en serait là ? 

On en est là. Seulement là.

L.W.-O.


dimanche 1 janvier 2012

"Soyez heureux ! Tout va mal !"

Le pépé Charles, document  © L. Watt-Owen / Click to enlarge


Après n'avoir rien voulu  tuer pendant toute la Guerre, le pépé Charles abattit en 1947 47 lièvres (la légende dit d'un seul coup : mais il faut je crois un peu relativiser, avec le pépé). 
Après n'avoir rien voulu publier pendant toutes ces dix dernières années que j'appelle ma Guerre, dois-je me souhaiter de publier 12 livres en 2012 ? (D'un seul coup, ce serait chouette ! Mais je crois qu'avec moi comme avec le pépé, il faut un peu relativiser : on se contenterait déjà d'un par mois.)

Quant aux lecteurs de ce blog, je leur souhaite la même chose que l'an dernier :

"Soyez heureux, tout va mal !"
photo par Louis Watt-Owen  
© août 2009 
click to enlarge

À ceux qui voient ce que je veux dire, je souhaite ce que je me souhaite : "être heureux malgré tout" comme dit l'autre.

À ceux qui ne voient pas ce que je veux dire, je souhaite de devenir aussi virils que Michel Onfray… 


…ou aussi baisantes que Virginie Despentes.




mardi 29 novembre 2011

Quand Michel Onfray se mouillera-t-il ?

Dessin de Roland Topor



Ci-dessus : Extrait d'un reportage de France 2

Rude concurrence pour le charlatan Onfray, ce marchand d'Art de jouir à portée de main de tous les trous-du-cul qui ne savent comment s'y prendre. Mais ce bonimenteur volubile n'a que la gueule de bonne (comme disait ma mémé) et réclame d'être cru sur parole : voici la philosophe Shannon Bell, autre monstre de foire, qui, elle, se mouille, pour prêcher l'avènement d'"un monde où le talent éjaculatoire des femmes s'accomplit totalement"
On se prend à rêver de la rencontre de l'Onfray avec la Angot sur la scène de l'Université populaire de Caen. Son érotique solaire réchaufferait-t-elle ce glaçon ? Ce serait le grand test ! 
Las ! Autant rêver à la rencontre de la grenouille amérouicaine Shannon Bell avec le bœuf DSK sur la table de dissection des Experts.
L. Watt-Owen

Si on ne les connait déjà, on se payera avec profit ces bonus de 
mes précédents vacheries sur Onfray et sa secte, 
lesquelles m'ont valu menaces et noms d'oiseaux, par des rats de blog.
Ce dont bien-sûr, je m'honore.

Michel Onfray, l'Ami Public N°1

De la diffamation considérée comme un des beaux-arts

Concurrence des charlatans

La Fin du monde

jeudi 23 juin 2011

La Fin du monde





L'Origine du monde est le plus laid tableau de ce monde, la pire croûte uro-génitale, la Joconde d'en bas, avec moustaches authentiques, et Gustave Courbet un tartineur que je n'aime décidément pas. En apprenant l'autre jour que le modèle en était certainement, d'après des médecins-anatomistes, une femme enceinte, qui plus est la bobonne de l'artiste révolutionno-franc-comtois, sinon sa bonniche, mon dégoût de cette icône velue et rance a décuplé.
Quel Courbet contemporain se chargera de son remake pompier ? Je ne parle pas d'un pendant "viril", cela je m'aperçois que c'est déjà fait et cette simple imitation ringarde, aussi hideuse que l'original, ne saurait suffire. (Voir ci-dessus)
Foin d'une origine du monde, l'heure est à la seule perspective de La Fin du monde.
La Fin du monde ? Ah mais le sujet nous en est seriné plein pot sur toutes les ondes, tous les canards, toutes les chaines et les touitteurs en font exploser leur forfait ! 
Imaginons la scène… Ratatinade la plus comique depuis le Titanic… Cela vient de se passer à New-York,  et cette séance historique a très certainement  été filmée : le Sauveur planétaire DSK est allongé nu, jambes écartées, sur un billard de l'Institut Médico-Légal, en train de se faire examiner et mesurer les organes et de subir un toucher rectal tandis qu'un détecteur de mensonge décrypte ses états d'âme, le tout bien-sûr se déroulant sur fond rose de présomption d'innocence.
Voilà qui réclamerait, plutôt qu'une toile à l'ancienne, un traitement digne de la technologie de l'époque. De fait, je serais d'avis que l'on confie à Gunther Von Hagens, le sublime Ruych du 21ème siècle, le soin d'immortaliser cette scène en 3D : qu'il "plastine" ce Sauveur planétaire en cette fâcheuse et instructive posture de ratatinade absolue.
Entre la prison à vie ou la plastination immédiate pour l'éternité, DSK lui-même préférerait la deuxième solution, car en bonus il aurait ainsi l'occasion de satisfaire quand même son désir contrarié de finir personnage immortel à l'époque de la fin du monde. Il ne pourrait rêver plus fidèle "sculpture de soi".
Et Michel Onfray, comme Lacan en son temps pour le Courbet, pourrait se payer cette Fin du monde avec ses faramineux droits d'auteur et la dissimulerait derrière un rideau dans son bureau, pour ne la montrer qu'à ses fans les plus dévôts. D'autant que l'on me dit (mais faut-il y croire ? ce serait trop beau ! ) que DSK serait un lecteur chevronné, adepte convaincu et pratiquant fanatique, du gourou normand de la Bite Libérée.
L. W.-O.

J'avais mis ce billet en ligne le 15 mai dernier, mais l'avais finalement retiré quelques instants plus tard, car les deux illustrations, incontournables, m'étaient insupportables d'atrocité. 
Or, en furetant sur le blog de Frédéric Schiffter, je m'aperçois ce matin qu'il vient d'utiliser la même image et lui a trouvé le même titre que mon propre billet. 
Ceci n'est que pure coïncidence, qui m'amuse. Car mon billet d'il y a un mois n'est resté en ligne que très peu de temps avant que je le sucre et, pour curieux qu'il soit  peut-être de ce qui peut se passer  sur ce blog, Frédéric Schiffter n'a pas pu, sauf gros coup de bol, tomber sur ce billet. C'est donc sans nullement songer à mézigue qu'il a trouvé et emprunté sur la toile cette image et imaginé ce titre.
Du reste, le billet du philosophe balnéaire (épisode salé de son feuilleton anti-cons) n'a rien d'autre en commun avec mon propre billet, comme on pourra le constater. 
Ce qui m'intéresse, en redonnant ici mon machin du 15 mai dernier, est justement de constater que les mêmes éléments, un titre et une image, peuvent, sur la Toile, donner lieu à deux traitements qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre et qui cependant, en toute ignorance l'un de l'autre, finissent par se rejoindre. Car les mêmes féministes dont F. Schiffter étrille le riquiqui sont aussi celles qui châtreraient au couteau de cuisine le pauvre DSK s'il tombait entre leurs mains, ce qui pourrait bien arriver si il parvient tout de même à sortir innocenté de son procès.  À tout prendre peut-être là encore préférerait-il la plastination plutôt que de tomber dans une telle embuscade. L. W.-O.


lundi 16 mai 2011

" Toute la nuit devant moi "

Jean-Pierre Abraham par Olivier Roller ©




À la Pointe du Raz, cette femme aux yeux jaunes qui lisait fébrilement du Comte-Sponville et, sur un autre rocher, ce type aux pieds crasseux, qui d'une main grattait son eczéma et de l'autre annotait du Onfray. 
Moi, je zoomais comme un fou sur Ar Men, pour y apercevoir Jean-Pierre Abraham.
L. W.-O.


Extraits d'Armen
éditions Le Tout sur le Tout 
 
J'ai toute la nuit devant moi. Il n'y aura pas de brume. L'horizon est clair, on voit tous les feux. Le vent est remonté au nord mais la houle demeure et le phare tremble par moments dans le bruit.
 

Ma lampe est tombée tout à l'heure. Je n'ai pas vu qu'à chaque secousse elle se rapprochait un peu plus du bord de l'établi. Elle a basculé sur mes genoux puis sur le socle de fer. La chambre de veille a pris cet aspect fantastique que je n'aime pas. Les ombres et lumières tombant du feu tournant courent sur les boiseries. Certaines semblent venir d'en bas, par l'échelle de la salle des machines. L'armoire de cuivre et les roues dentées du mouvement d'horlogerie, les volutes de la rampe étincellent. Tout le reste est noir.
 

Les verres des lampes de rechange sont dans la chambre de Martin. Je ne ferai plus rien cette nuit. Cela ne va pas très bien. C'est ce que je voulais dire.

Il y a un grand oiseau qui tourne autour de la lanterne. Il glisse contre les vitres en battant des ailes, s'écarte, se fait prendre dans un des faisceaux de lumière, tourne avec lui, plonge à nouveau vers le feu. Il ne crie pas. Je suis sorti sur la galerie pour mieux le voir. C'est un oiseau brun, je ne connais pas son nom.
 

Le feu de Sein est trop net, le mauvais temps va revenir.
Plus tard avec les vents de terre, nous aurons des milliers d'oiseaux. Et la brume.

(...)
Il faudrait parler aussi de la lumière qui règne dans cet escalier, une lumière de cloître.

(...) La lumière de l'escalier est douce toute la journée. Elle entre par d'étroites lucarnes orientées à l'ouest, disposées régulièrement à chaque demi-étage. Le soir parfois tout s'illumine.
 

La cuisine n'est jamais claire. On ne peut relever qu'à moitié le panneau de bronze qui protège la fenêtre en cas de mauvais temps.
Au-dessous, dans le magasin, le hublot de verre dépoli ne laisse pénétrer qu'un peu de lumière glauque.
En bas, il fait noir, entre les cuves à pétrole et les cuves à eau, dans la coursive d'entrée. Là se trouve la trappe de fer qui donne dans l'ancienne soute à charbon, maintenant noyée parait-il.
 

Martin est appuyé contre le montant d'une vitre dans la lanterne, et regarde vaguement la mer, bouleversée à l'ouest. Le feu chante. La flamme du foyer, que l'on aperçoit sous le brûleur dans un miroir, est bleue et fixe. L'optique, immobile encore sous la housse blanche. Le soleil a disparu. Un peu de vent ronfle dans les ventilateurs de la coupole. On remonte le mouvement d'horlogerie. Le poids, qui repose au fond de son puits, dans le mur, à hauteur de la cuisine, heurte lourdement la paroi en se redressant, au premier tour de manivelle. Dans l'escalier les pierres s'assombrissent.
 

Il faut que je dorme un peu avant minuit. Des questions vaines. Pourquoi la vue d'une lampe allumée en plein jour glace-t-elle le cœur ? Pourquoi suis-je toujours fasciné par le partage des ombres et des lumières ?

(...) Un court vent de nord faisait briller le flot montant. La mer glissait d'un seul bloc, sans bruit, et le ciel semblait la suivre. Seul, ce phare, dressé, inquiétant de loin j'imagine. Nous qui l'habitons nous sommes au secret. Je crois parfois participer à quelque chose de grave, sans comprendre.
 

Nous entrons dans la période des vives eaux et l'on aperçoit, à basse mer, un morceau de la roche rouge sur laquelle le phare est bâti. Ar Men en breton signifie La Pierre. Qu'avait-elle de particulier cette roche pour qu'on la nomme ainsi, parmi les dizaines qui émergent sur la Basse-Froide ? J'aime ce nom.
 

Il faisait le même temps lorsque j'ai vu Armen pour la première fois. La mer était grise, comme toujours lorsqu'on navigue sur un bateau de guerre. J'ai cru reconnaître cet endroit. J'ai souhaité vivre dans ce phare. C'était la meilleurs façon pour ne plus le voir. Quand j'ai posé le pied, la première fois, sur ce débarcadère-jouet, je me suis cru chez moi. Mais de toute cette époque, déjà, je ne me souviens pas.

(...) Toute l'après-midi j'ai retrouvé cette impression de plein été. Le phare est enfoui dans la lumière. Je sens au-delà des énormes murs la pression de l'espace. La porte est barrée. Les doubles fenêtres sont closes dans les trois chambres. Je reste assis sur une marche de l'escalier, adossé à la chaux. Aucune ombre ne bouge. Je croyais jadis que les tempêtes étaient effrayantes. Dans l'enthousiasme j'envisageais très bien de m'envoler avec le phare. Mais la vraie peur apparaît quand la mer est trop calme. Comme si nous dérivions. Je voulais me rouler en boule dans un coin, non pas sur ma couchette, sur la pierre, dans un coin.

(...) Je n'avais pas envie d'allumer ma lampe. J'étais habillé du phare...
 

Tout le phare vibrait légèrement, chaud dans le vent, éparpillant sa braise. La leçon des ténèbres est parfois très douce.


(...) Je m'allège, au cours du lent voyage de la Velleda à travers les écueils du pont de Sein, tandis que la silhouette du phare grandit à l'horizon. L'inutile se défait, s'effiloche dans le sillage. On arrive, je regarde de tous mes yeux. Henri réduit la vitesse, fait son furtif signe de croix, j'endosse le gilet de sauvetage, je cours rejoindre les matelots à l'avant. Des cris rauques ponctuent la manœuvre, enthousiastes ou moqueurs selon que le gardien, là-haut, a bien ou mal lancé la touline qui permettra d'effectuer le va-et-vient. On s'embrasse, je ris, je reçois de lourdes claques dans le dos, "Salut Jonas ! Amuse-toi bien dans ton château ! ", je suis tout neuf, content et inquiet comme un écolier à la rentrée des classes.
 

4h. Nuit interminable. Par instant la lumière qui tombe de la lanterne me semble toute rouge, comme s'il y avait un incendie de brûleur... J'ai entendu un choc très violent à la base du phare. Penché sur la rambarde, j'ai vu monter vers moi, avec une étonnante lueur, une gerbe d'écume, un peu grise dans la nuit, soudain éblouissante lorsqu'elle est parvenue au niveau de la lanterne et qu'un des trois faisceaux du feu l'a heurtée. J'ai habité un instant cette maison fantastique, qui s'est écroulée sur mes épaules. Je suis réveillé.
L'aube. Toutes les lueurs sont étrangères, mais le bruit, le chant à plusieurs voix du feu, peu à peu m'a rassuré.
 

(...) La mer cogne sans répit maintenant. Les embruns crépitent sur la coupole. Les grandes vitres tremblent. C'est merveille qu'au milieu de tout ce vacarme le sifflement léger du feu demeure absolument perceptible. J'ai dû abandonner le fauteuil de quart, sous la pluie de mercure qui tombe de la cuve à chaque secousse.

20 décembre, 17h.
Patience. Choisir d'habiter près d'une lampe, c'est tout de même choisir la couleur de sa vie. Une lumière violente fait écran. Ici, entre les lueurs et les ombres on doit pouvoir avancer lentement. Peut-être vaudrait-il mieux flamber d'un coup, vivre en torche, se consumer dans un éclair de folie ?
Mais la folie est dehors qui hurle. il faut résister. Faire le poids. J'allume ma lampe. La lumière coule sur le table et d'objet en objet gagne ses positions. Des ombres se prennent à vivre intensément, comme un regard. La limite du cercle est imprécise. Il faudra y aller voir. Avancer les mains.
Je n'en finirai pas d'errer entre l'ombre et la nuit. C'est de la complaisance.

(...) Brume. Depuis deux jours. Nous ne parlons plus. Nous ne prenons plus nos repas ensemble. Martin a les yeux injectés de sang.
 

Quatre heures. Tout est gris. L'aube ne changera rien. La porte de la galerie est ouverte, la fenêtre de la salle des machines aussi, pour assurer un courant d'air sur les moteurs brûlants. On ne peut rester dans la chambre de veille, à cause du froid, et du bruit. Aucun refuge. Quarante-cinq secondes, entre les coups de sirène, pour aller surveiller le feu, inutile. Lorsqu'on ne peut redescendre assez vite, on se ramasse en boule, là-haut, près de l'optique, on se bouche les oreilles de toutes ses forces. Quand le hurlement éclate, un violent sursaut traverse malgré tout le corps.

(...) Les oiseaux sont là. Plusieurs centaines. Le feu les attire, la sirène les épouvante. Fous, ils viennent se briser le crâne contre la vitre. Le muret extérieur, la galerie sont couverts de plumes et de sang. Il faut veiller désormais devant la porte ouverte : ils entreraient, ils envahisseraient la lanterne pour crever le manchon du feu.
 

On entend un peu leurs cris. D'autres cris. Le phare bouge. La houle est plus forte.
 
Reflets de perle. L'aube. On ne voit pas le pied du phare. Le bruit de la sirène résonne sur l'eau comme dans une cathédrale.

Heures blanches. Dame blanche.
Poser ses mains sur les pierres. Rassurer. Renouer.

Différentes vannes freinent la ruée du pétrole sous pression vers le brûleur. Je les ouvre l'une après l'autre, lorsque l'aiguille du manomètre, au-dessus de chacune d'elles, a atteint le niveau prévu. Puis vient l'instant qui donnera le ton de la nuit. La dernière vanne ouverte, le pétrole se volatilise en passant au cœur du brûleur chauffé, jaillit en vapeur, en fumée blanche dans le manchon, une allumette l'enflamme. Le long sifflement peu à peu s'équilibre. Au fond du brûleur, très secrète, révélée par le miroir, apparaît la couronne de petites flammes bleues du foyer. Tout dépend de sa vigueur, de sa netteté, un grain de poussière dans l'éjecteur suffit à l'éteindre, le pétrole alors jaillit liquide, coule en flammes sur le socle, fait éclater les prismes.
 

Il fait jour encore. Le squelette de l'optique se dessine confusément sur la housse. Le feu demeure caché. Personne ne sait. Nous gouvernons. Parfois dans le coeur vide, rincé de toute image, s'allume toute seule une autre lueur, comment le dire : la ferveur, peut-être. J'aime violemment cette vie, je veux toucher sa peau, sa vraie peau sans oripeaux. J'ai soudain l'impression que c'est très simple.
Je voudrais un jour, avec juste les mots, dire cette simplicité. Toutes les grimaces en moi n'auraient plus d'importance.

La dure liberté du vent. Nul n'est plus nu que lui.

La nuit. Les voûtes du monastère, les murs ronds de mon escalier.
 

Aucun mortier ne lie ces pierres. Elles tiennent par leur propre poids. Les plus gros blocs, on les a longuement usés les uns contre les autres pour qu'ils s'épousent parfaitement.
Tout est simple. Un ordre profond, à peine visible, et la prodigieuse liberté du cœur. Aucune erreur, aucune hésitation apparente : l'esprit qui a conçu cela s'est totalement effacé derrière son œuvre.
 

Et l'utilisation de la moindre pierre. La très longue patience alliée à l'inspiration du moment.

Midi. Le bruit de la vague et le silence, l'ombre épaulant la lumière, j'ai soudain l'impression que le phare est fondé sur leur équilibre. Et chaque geste le dresse un peu plus.
C'est fragile une rencontre d'oiseaux. Il faut soi-même être invisible là-dedans. et présent pour lancer la ronde.
Toutes les lueurs du jour, qui tournent et volent dans l'air léger de l'escalier, est-ce qu'elles ne se retrouvent pas au soir, dans la couronne de flammes secrètes du foyer ?
 

A la lucarne près de laquelle je travaille aujourd'hui, on voit l'horizon partager exactement le ciel et la mer.

Le soir. Tout notre travail est pour l'horizon. Cette lente avalanche de la lumière vers le haut, les prismes la cassent durement, la renvoient au large.
Moi j'ai besoin de lumière, je suis affamé de lumière. Les murs, les cuivres. Par quelle roue d'un moulin secret devrai-je moi aussi passer ?

J'aurais voulu voir l'homme qui a décidé de cette construction. (Un illuminé, probablement. Mais on dit qu'il était humble et fort inquiet). Lorsqu'il a connu la nature de la roche, la surface utilisable, je suppose qu'il a su aussitôt quelles seraient la hauteur et la puissance du feu. Il brillait déjà là-haut, pour lui. Il n'y avait plus qu'à bâtir une tour pour le rejoindre. Chaque pierre a été choisie en fonction de cette nécessité. Se liant étroitement les unes aux autres est devenue unique.
Et je crois que la tour se défait un peu chaque jour dans la lumière, qu'elle est reconstruite au soir. Je pense au bruit des sabots dans l'escalier à l'heure de l'allumage.

26 avril.
Nous avons repeint en blanc les mât de pavillon, dérouillé la girouette, répandu du goudron chaud sur la coupole.
En bordure de la coupole, la seule décoration du phare : quatre têtes de lion, qui font office de gargouilles, rejetant l'eau par la gueule. Eau de pluie et eau de mer étroitement mêlées les jours de tempête.

J'ai repeint la longue potence au bout de laquelle passe le câble du va-et-vient. Martin aussi voulait le faire, mais on ne peut y travailler à deux. Nous avons tiré au sort. J'ai gagné. Martin dit : " Ta chance te perdra".
a cheval au bout de ce long bras noir, je voyais l'eau filer en dessous, j'avais l'impression de basculer lentement, comme lorsqu'on regarde, allongé dans l'herbe, des nuages passer au ciel, un jour de grand vent.

30 avril.
Nous avons terminé le blanc de la tour aujourd'hui. La face Nord est pénible à peindre. Les cuves à eau de la sirène occupent toute la largeur de la galerie de ce côté. ll faut faire de sérieuses acrobaties pour installer la chaise. Réussir à se poser sur le muretin, en arrivant en bas. Et il n'y a pas de soleil.
 

Mais la mer scintillait un peu plus loin. Des mouettes planaient à notre hauteur, et se laissaient tout à coup tomber comme pierres dans l'eau.
La mer elle-même, la mer se perce de lames vives indéfiniment.

1er mai.
Il nous reste à peindre le nom du phare, tracé en grosses lettres noires sur la tour. Elles on un peu viré au gris au cours de l'hiver. J'ai fait le A, Martin le R, ce R dont il affirme, dans ses jours sombres, qu'il est de trop. Nous avons écrit le M ensemble.

 Jean-Pierre Abraham / ARMEN / © Le Tout sur le Tout

 Les fameuses éditions Le Tout sur le tout, menées par ce formidable lecteur qu'est Guy Ponsard, n'ont pas disparu. Elles sont seulement mises en veilleuse depuis quelques années. On peut trouver sur L'Alamblog d'Éric Dussert une bibliographie complète de leur catalogue devenu culte.

Le Matricule des anges avait consacré un numéro et de nombreuses chroniques à Jean-Pierre Abraham.

Jean-Pierre Abraham a également été publié par Georges Monti aux éditions Le Temps qu'il fait.

Je conseille vivement de consulter la biographie formidable d'André Dhôtel par Christine Dupouy, où tout un chapitre détaille par le menu, avec des extraits de correspondance, les rapports de Jean-Pierre Abraham et du promeneur des Ardennes pouilleuses. André Dhôtel, histoire d'un fonctionnaire, par Christine Dupouy, Éditions Aden. Lire ce compte-rendu de Philippe Blondeau sur Fabula.

mercredi 13 avril 2011

De la diffamation considérée comme un des beaux-arts


Encore un rat de blog qui s'estime diffamé par mes vacheries sur Onfray et sa secte d'ahuris !
Décidément c'est trop d'honneur. (Je ne passe pas en ligne son commentaire anonyme, ni ceux de blasés qui eux, sous des pseudos aussi cons qu'opaques (sacré Thierry Roland par exemple !), ont tenu à me dire que j'étais aussi taré que le camp d'en face, tandis qu'ils comptent les points avec lassitude et mépris et le prennent de haut, s'estimant au-dessus de ce genre de match.)

J'espère qu'après un long procès retransmis en direct, où je serai défendu, comme G'bagbo, par Verges et Roland Dumas, je serai décapité Place de l'Hotel de Ville par Delanoë en personne aux manettes, tandis que cent mille citoyens vengeurs feront dreliner la sonnette de leur Vélib.
Mes roustons et mes oreilles de macaque seront offerts saignants et encore pilpatants à Onfray.
Je ferai don de ma bite de King Kong à Christine Angot comme parure de stylo, de mon scalp au bouddhiste Matthieu Riccard comme moumoute.
J'exige que mes poumons noirs de carbone soient cloués comme une chauve-souris au-dessus du bureau de la Bachelot, que mes yeux servent de boules de Geisha à Ségolène Royal, et que le reste de mon anatomie soit débité en abattis nourrissants aux Restos du Cœur.
Je lègue toute ma paperasse à Fourniret.
Je souhaite que ma bibliothèque soit installée dans le loft du prochain Secret Story, et que ma cervelle serve de prototype pour mouler le ballon de la prochain Coupe du Monde de football.
Quant à ma tête vide j'exige qu'elle soit recyclée en urne funéraire pour recueillir les cendres de Cioran et soit plantée au top du Panthéon.
L. W.-O.

lundi 11 avril 2011

Michel Onfray, l'Ami Public N°1


 RÉPONSE AUX RATS DE BLOG


La semaine dernière, j'ai mis en ligne un virulent "billet" qui "sigrolait" (comme on disait dans mes montagnes) Michel Onfray et surtout son public et ses lecteurs. Il m'attira illico des commentaires et des courriers indignés : en gros, selon eux, je n'étais qu'une saloperie publiant des saloperies, et sur ce point je ne leur donne pas tort, j'en suis même assez fier. Ce billet était ignoble d'après ces âmes sensibles aussi outrées que j'avais été outrancier, et aussi caricaturales que je les avais caricaturées.
Cela aussi je l'admets bien volontiers, et j'ajoute même que j'étais resté dans les limites de la politesse et de la courtoisie, car en réalité je suis mille fois plus ignoble, une ordure dans toute sa splendeur.
Toutefois je récuse le qualificatif de "méchant" : la méchanceté, j'en suis tout autant incapable que la bonté. Je ne suis pas méchant, je suis cruel, autrement dit irréfutable. J'ai un goût immodéré pour la pure vacherie. La vacherie pour le fun. Et en l'occurrence, je me contrefous royalement d'Onfray et de ses adeptes hallucinés : lui je ne le lis pas, et eux je les emmerde.
D'autres commentateurs vertueux m'ont demandé pour qui je me prenais, ou, variante : qui j'étais, moi, pour oser attaquer Onfray et ses disciples ? "Vous n'êtes personne, même pas un écrivain ! Où est votre œuvre pour vous en prendre ainsi à celle d'Onfray ?".  On m'a même fait miroiter un chouette chantage : ou je retirais ce billet, ou j'allais devoir en répondre devant les tribunaux, n'importe quel auditeur ou lecteur d'Onfray pouvant se sentir diffamé et se trouvant de fait en droit de se considérer victime de mes propos.
J'en passe et des meilleures… Brèfle…
Et voilà-t-il pas que dès le lendemain l'immonde billet n'était plus en ligne !
Ce serait-il donc que j'aurais plié devant les menaces, sinon même fait amende honorable ?
Je ne voudrais pas laisser croire à ces zozos qu'ils peuvent crier victoire.
Seule une malencontreuse boulette de manipulation est la cause de ce retrait.
Et le truc étant perdu il me fallait tout le retaper, en grande partie de mémoire, car je ne fais jamais aucun brouillon.
Fort heureusement je suis hypermnésique, pathologie souvent bien utile, et dopé au magnésium et au saucisson de montagne j'ai retrouvé une vitalité suffisante pour vaincre ma paresse naturelle.

Je redonne donc, augmenté de ces réflexions, le fameux billet, dans toute sa splendeur de saloperie.
En revanche je ne donne pas les commentaires : car ils sont anonymes. Ce sont œuvre de ce que j'appelle "rats de blogs".
Qu'est-ce qu'un rat de blog ?
C'est une répugnante bestiole qui s'introduit dans les sites des autres via les commentaires et laisse ses puants excréments sans le courage d'y planter sa carte de visite. C'est un courageux défenseur de la vertu qui n'a toutefois pas le courage de signer. C'est une grande gueule qui se défile. C'est un parasite cybernétique qui ne dit pas son nom. C'est un froussard au trouillomètre dans le rouge. 
Moi qui suis bien fier de n'être personne et ne me prends pas pour un écrivain, on sait où me joindre, je montre ma gueule, et mes sobriquets sont transparents. Je ne redoute sur cette terre que la maladie et les médecins. Je persiste donc, et je signe.

Ces chevaliers blancs de la tolérance, qui me rappellent vertement à son usage obligatoire, sont comme tous les adeptes de cette fumisterie : pas plus intolérant qu'un militant de la tolérance ! Quant à leur gourou Onfray, question tolérance, il n'a pas de leçons à donner. Il ne supporte pas la moindre contradiction. Et  que je sache il ne mâche pas ses mots pour dégommer ceux qui se trouvent en travers de son raisonnement.

Quant à moi, j'affirme mon intolérance. Pire même : je la cultive. Je passe ma vie à éviter ce qui me répugne d'instinct. C'est tout un art. Car ce qui m'insupporte est partout.

Irriter les irritables, indigner les indignables, faire gémir les plaignants, botter le cul des accroupis, emmerder les emmerdeurs, etc… : c'est pour moi une belle jubilation.
Et je constate à mon grand dam que peu d'idiots dans mon genre se consacrent à ce sport de haute catégorie sur la toile "littéraire" "française" (oh ces deux atroces adjectifs !). Et que je suis moi-même bien assagi et mesuré sur ce blog la plupart du temps. Sans doute vais-je en profiter un peu plus. C'est un grand honneur que de se faire des ennemis alors que le ouèbe semble tout entier conçu pour se faire des amis.

Pour être outrancier et intolérant, je n'en suis pas moins attentif aux bémols que peuvent exprimer des auteurs et des blogueurs dont je suis le lecteur réjoui. C'est ainsi que je prends pour moi (même si ce n'est dans doute pas le cas) ce qu'écrit Éric Chevillard dans son billet du mardi 5 avril, n°1200 de son Autofictif que je lis tous les jours depuis le n°1 :

" Nous tombons sur le râble des écrivains médiocres que le succès couronne malgré tout. C'est injuste. Ils n'ont rien fait en somme qu'écrire médiocrement en faisant de leur mieux, les malheureux. C'est leur succès qui nous consterne. Ils payent alors pour leurs lecteurs malavisés dont nous ne pouvons pourtant savonner une à une les trois cent ou cinq cent mille frimousses. "

Un blogueur, anonyme lui-aussi, m'a envoyé le commentaire suivant :

" Mais qu'est-ce qu'il t'a donc fait l'Onfray ? Et cette noble dame qui prenait la défense de l'outragé et s'indignait ? Qu'est-ce que t'es méchant, quand tu t'y mets… Moi j'aimerais bien lire la lettre de la noble dame en question… Et qu'on les laisse vivre, non ? Ils n'ont fait de mal à personne… L'Onfray, il fait son Onfray, toi tu le conchies, la noble dame le défend, moi je m'en fous, chacun défend sa (non) place ridicule dans le cosmos, non ?"

Je le remercie et lui réponds par ce mot de Talleyrand, cité par Clément Rosset :
" À un solliciteur éconduit par Talleyrand, qui se plaignait en disant " Il faut tout de même bien que je vive ! " Talleyrand aurait répondu par ces mots aussi atroces qu'irréfutables : "Personnellement je n'en vois pas la nécessité. "

J'ajoute à son intention que je ne tolère pas, sur la toile comme dans la vie, l'usage du tutoiement. Je ne le supporte pas de la part de ceux que je fréquente avec joie, comme je ne saurais l'admettre de la part d'un(e) inconnu(e) anonyme Il ne m'étonnerait pas que dans les rangs de cette partouze  ou plutôt de ce gang-bang verbal que sont les cours d'Onfray, les adeptes se tutoient automatiquement. Ce qui ajoute encore à ma répugnance.


MICHEL ONFRAY, L'AMI PUBLIC N°1


La légende veut que Michel Onfray se soit fait allumer par tout le monde à l'occasion de son pamphlet contre Freud. N'est pas un martyr qui veut : cet ami public numéro un aura beau faire, il ne sera jamais l'ennemi public numéro un. Il joue à guichets fermés et pourrait remplir le stade de France, bourrer Bercy comme Bigard, dont il est le pendant philosophique et l'exact contemporain : c'est donc à ce bouddhiste sarkoziste qu'on comparera ce nietzschéen libertaire, car on ne peut le ranger que dans la catégorie des humoristes dont ce pays est friand. Le traiter de philosophe serait aussi grotesque que lui coller sous le nez de clown une fausse moustache de Nietzsche.
Allumé par tout le monde ?
Par le gras Badiou ?
Par la mère Roudinesco ?
Par la chemise parlante BHL ?
Ah les éclatantes vieilles pétoires ! 
Arroseurs arrosés !

Soyons sérieux !
Un seul pistolero, impassible comme Lee van Cleef ou Clint Eastwood, a règlé son compte à Onfray, mettant du premier coup dans le mille de son blabla : Frédéric Schiffter. Qui compte également à son tableau de chasse cet autre blablateur comique, sosie de Coluche, Guy Debord. De philosophe digne de ce nom, dans ce pays,  je ne vois plus guère, depuis la mort de Cioran, que deux de vivants : ce  "philosophe sans qualité", que d'aucuns auraient surnommé "l'Escroc de Biarritz",  qui ne monte que sur une seule planche, de surf, et Clément Rosset. Tous deux s'imposent aussi comme les plus forts écrivains, et les plus drôles, les plus irrésistibles, les plus raffinés. Et à ceux qui ne seraient pas d'accord avec mes affirmations irréfutables, je rétorquerai comme dans la publicité pour les rillettes Bordeaux-Chesnel : " Décidément nous n'avons pas les mêmes valeurs."
L. W.-O.


LETTRE À UNE FAN DE MICHEL ONFRAY


Chère madame,

Oui j'ai bien dit ce que je vous ai dit de vive voix et que vous ne pouvez entendre.  Mais comme vous en remettez une couche par cette lettre où  vous clamez votre indignation devant ma révélation  de l'organe de cet agité, le sculptural pénis de ce cornichon mis en bocal, je vous le redis ici noir sur blanc, persistant et signant, et avec la banane, et juste pour le fun, car vous êtes aussi aveugle que sourde.

Il y a pire que Michel Onfray : ses lecteurs, son public, l'immonde élément dit "populaire" de son Université du même métal, les sinistres fans de ce charlatan, les ravis de sa secte, ces têtes-à-claques, ces incurables ahuris béats, ces derniers des cons magnétisés par ce premier de la classe, tous ces peine-à-jouir, ces puceaux et ces hystériques, éjaculateurs précoces et bonnes femmes frigides, hypnotisés par l'onanisme verbal d'un impuissant à tête de bizut, ces rayonnantes sales gueules, ces yeux crevés exorbités par l'espérance, ces affamés de culture prémâchée par un dentier et régurgitée à la becquée, ces effrayantes caricatures de la crédulité, cette classe morte, ces oreilles mortes, ces bites mortes, ces culs morts, ces cervelles mortes, ces dizaines de milliers de cadavres  persuadés de leur résurrection miraculeuse par la pédagogie d'un imposteur, brèfle…

Comme vous en êtes, chère madame,  et que je devine dans votre message outré une espèce d'appel au secours, c'est bien volontiers que je vous suggère la radicale solution à votre cas désespéré et vous recommande l'usage de ce seul tuyau efficace : le canon d'un revolver, à regarder bien en face pour voir sortir le petit oiseau. La tête est le seul point faible du zombie.

Je vous remercie de votre message menaçant  qui ne m'a nullement indigné, mais au contraire fait un bien fou, et donné l'occasion de vous pondre cette chouette réponse, dictée non par la vengeance mais par mon goût cruel pour la vacherie gratuite.

Bien à vous…

Louis Watt-Owen








lundi 21 février 2011

Concurrence des charlatans

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J'ai reçu le truc ci-dessus en spam.
Voilà un sérieux concurrent pour Michel Onfray

" Je suis en vérité rendu là où l'absence de limites est devenue une certitude, au degré de perturbation latente du grand âge, dans la solitude de plus en plus philosophique et philosophante au sein de laquelle on est toujours conscient de tout, en vertu de quoi le cerveau, en somme, n'existe même plus en tant que tel... La vérité est que je crois toujours davantage que je suis tout parce que, en réalité, je ne suis plus rien…"
Thomas Bernhard, Perturbation, trad. Bernard Kreiss, Gallimard)

samedi 1 janvier 2011

"Soyez heureux, tout va mal !"


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"Soyez heureux, tout va mal !"
photo par Louis Watt-Owen  
© août 2009

À ceux qui voient ce que je veux dire, je souhaite ce que je me souhaite : "être heureux malgré tout" comme dit l'autre.
 À ceux qui ne voient pas ce que je veux dire, je souhaite de devenir aussi virils que Michel Onfray…

…ou aussi baisantes que Virginie Despentes.



vendredi 1 octobre 2010

Musée Virtuel de la Vie Quotidienne au Pays Merveilleux de la Littérature à l'Époque de l'Édition à l'ancienne / Galerie 2


Les plumitifs étaient invités sur tous les talk-shows du service public où ils mettaient à nu leur intimité avec une émotion lisible sur leur chair de poule.

 Les grenouilles graphomanes pullulaient.


Michel Onfray regretta amèrement son pamphlet contre Freud quand il tomba dans une embuscade de freudiennes hystériques qui le mutilèrent de ses parties uro-génitales.  Cela ne le fit pas taire et il redoubla de verve à la tribune de son Université Populaire, avec des intonations à la Klaus Nomi. L'organe exemplaire fut recueilli et reliqué par ses adorateurs et fit l'objet d'un culte : on l'exposa dans la Galerie des Glaces de Versailles  à la place du Murakami controversé. Le Maître normand avait eu la modestie de dissimuler jusque-là ce glorieux et sculptural pénis. Désormais on comprenait mieux qu'il se fût gaussé du "petit zizi" de Montaigne.