jeudi 23 juin 2011

La Fin du monde





L'Origine du monde est le plus laid tableau de ce monde, la pire croûte uro-génitale, la Joconde d'en bas, avec moustaches authentiques, et Gustave Courbet un tartineur que je n'aime décidément pas. En apprenant l'autre jour que le modèle en était certainement, d'après des médecins-anatomistes, une femme enceinte, qui plus est la bobonne de l'artiste révolutionno-franc-comtois, sinon sa bonniche, mon dégoût de cette icône velue et rance a décuplé.
Quel Courbet contemporain se chargera de son remake pompier ? Je ne parle pas d'un pendant "viril", cela je m'aperçois que c'est déjà fait et cette simple imitation ringarde, aussi hideuse que l'original, ne saurait suffire. (Voir ci-dessus)
Foin d'une origine du monde, l'heure est à la seule perspective de La Fin du monde.
La Fin du monde ? Ah mais le sujet nous en est seriné plein pot sur toutes les ondes, tous les canards, toutes les chaines et les touitteurs en font exploser leur forfait ! 
Imaginons la scène… Ratatinade la plus comique depuis le Titanic… Cela vient de se passer à New-York,  et cette séance historique a très certainement  été filmée : le Sauveur planétaire DSK est allongé nu, jambes écartées, sur un billard de l'Institut Médico-Légal, en train de se faire examiner et mesurer les organes et de subir un toucher rectal tandis qu'un détecteur de mensonge décrypte ses états d'âme, le tout bien-sûr se déroulant sur fond rose de présomption d'innocence.
Voilà qui réclamerait, plutôt qu'une toile à l'ancienne, un traitement digne de la technologie de l'époque. De fait, je serais d'avis que l'on confie à Gunther Von Hagens, le sublime Ruych du 21ème siècle, le soin d'immortaliser cette scène en 3D : qu'il "plastine" ce Sauveur planétaire en cette fâcheuse et instructive posture de ratatinade absolue.
Entre la prison à vie ou la plastination immédiate pour l'éternité, DSK lui-même préférerait la deuxième solution, car en bonus il aurait ainsi l'occasion de satisfaire quand même son désir contrarié de finir personnage immortel à l'époque de la fin du monde. Il ne pourrait rêver plus fidèle "sculpture de soi".
Et Michel Onfray, comme Lacan en son temps pour le Courbet, pourrait se payer cette Fin du monde avec ses faramineux droits d'auteur et la dissimulerait derrière un rideau dans son bureau, pour ne la montrer qu'à ses fans les plus dévôts. D'autant que l'on me dit (mais faut-il y croire ? ce serait trop beau ! ) que DSK serait un lecteur chevronné, adepte convaincu et pratiquant fanatique, du gourou normand de la Bite Libérée.
L. W.-O.

J'avais mis ce billet en ligne le 15 mai dernier, mais l'avais finalement retiré quelques instants plus tard, car les deux illustrations, incontournables, m'étaient insupportables d'atrocité. 
Or, en furetant sur le blog de Frédéric Schiffter, je m'aperçois ce matin qu'il vient d'utiliser la même image et lui a trouvé le même titre que mon propre billet. 
Ceci n'est que pure coïncidence, qui m'amuse. Car mon billet d'il y a un mois n'est resté en ligne que très peu de temps avant que je le sucre et, pour curieux qu'il soit  peut-être de ce qui peut se passer  sur ce blog, Frédéric Schiffter n'a pas pu, sauf gros coup de bol, tomber sur ce billet. C'est donc sans nullement songer à mézigue qu'il a trouvé et emprunté sur la toile cette image et imaginé ce titre.
Du reste, le billet du philosophe balnéaire (épisode salé de son feuilleton anti-cons) n'a rien d'autre en commun avec mon propre billet, comme on pourra le constater. 
Ce qui m'intéresse, en redonnant ici mon machin du 15 mai dernier, est justement de constater que les mêmes éléments, un titre et une image, peuvent, sur la Toile, donner lieu à deux traitements qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre et qui cependant, en toute ignorance l'un de l'autre, finissent par se rejoindre. Car les mêmes féministes dont F. Schiffter étrille le riquiqui sont aussi celles qui châtreraient au couteau de cuisine le pauvre DSK s'il tombait entre leurs mains, ce qui pourrait bien arriver si il parvient tout de même à sortir innocenté de son procès.  À tout prendre peut-être là encore préférerait-il la plastination plutôt que de tomber dans une telle embuscade. L. W.-O.


4 commentaires:

Frédéric Schiffter a dit…

Très cher LWO,

J'avais vu ce tableau ainsi intitulé — et traumatisant, pour sûr — chez vous. Je l'ai recherché sur votre blogue pendant des heures, afin de vous le piquer, mais en vain. Je me suis dit que j'avais eu la berlue. Et puis, J'apprends que vous l'aviez effacé ! Non seulement me voilà rassuré quant à la santé de ma mémoire, mais content de pouvoir vous remercier pour cette inspiration iconographique. Vous avez l'art de l'illustration désopilante et agressive. Du bon boulot !
P.S. : Finalement, j'ai retrouvé le tableau en errant sur le ouèbe.

Salutations nihilistes, sentimentales et balnéaires.

JMT a dit…

Bonjour cher LWO,

Je me permets de vous dire que j'avais lu votre brillant article le jour de sa mise en ligne. Et je ne crois pas au hasard.

En outre, j'avais immédiatement copié le tableau et le texte pour classer le tout dans mon "dossier de friandises".

Toutes mes félicitations renouvelées et mes amitiés.

Jean-Michel Théaux

Comte de Zéro a dit…

L'œuvre que vous affichez s'appelle en fait "Origin of War, L'Origine de la guerre". Elle a été réalisée en 1989 par ORLAN, qui se présente ainsi :« ORLAN is born in Saint-Etienne, France. She lives and works between Paris, Los Angeles and New York. The name of ORLAN is written entirely with capital letters.»
(http://www.orlan.net)

Esternome a dit…

« Il paraît donc très difficile à l'être humain de considérer du trou à la place de l'endroit d'où sortent les corps, j'ai dit blanc ou fétiche. Finalement, ce tableau de Courbet est fait pour qu'automatiquement et inconsciemment se substitue à ce qui vous est présenté quelque chose qui soit non représenté, et qui est l'organe masculin. »
CQFD... Vraiment ?