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jeudi 26 septembre 2024

Louis-Ferdinand Céline, Arno Schmidt et Claude Riehl…



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Plusieurs indices nous redonnent l'espoir d'une prochaine parution d'une traduction d'un inédit d'Arno Schmidt, comme par exemple une allusion récente et discrète d'Éric Chevillard sur son Autofictif à une préface qu'on lui avait demandée. Electrifié par cette supposition tant de fois décue depuis des années, on est toutefois incapable de savoir quoi, ni quand, ni chez qui. Mais on commence à se dire que l'on n'aurait donc pas invoqué mille fois en vain les Dieux pour la survenue d'un tel miracle ! Arno Schmidt et Claude Riehl, mais qui évoque (et lit) encore ces deux phénomènes ?!
 
En attendant, voici en bonus ces peanuts :
"(…) En repensant à mon travail je dirais : heureusement qu’il y avait Louis-Ferdinand Céline, le seul écrivain de ce siècle qui nous persuade que le français n’est pas encore une langue morte et dont l’énergie et l’audace – en particulier dans les descriptions de la trilogie (D’un Château l’autreNord, Rigodon) produisent une écriture souvent curieusement proche des grands expérimentateurs allemands du début du siècle, sans qu’on puisse dire s’il en avait pris connaissance – c’est plutôt improbable malgré son séjour d’un an à Diepholz (!) chez “le Rektor Schmidt” (!!). Oui, confronté à cette prose à la fois si puissante et si poétique des récits d’Arno Schmidt, j’allais (et je vais toujours) me ressourcer, dérober des paquets d’énergie dans la “caisse furibonde” de monsieur Louis-Ferdinand Destouches. (…)
Claude Riehl, "He drew in silence…"
(à propos de la traduction d'Arno Schmidt)


Sur le sujet, on (re)lira avec profit la longue chronique, "Ça a commencé comme ça", que j'avais consacrée en 2014 à la parution en fac-similé du manuscrit de Voyage au bout de la nuit,  où j'évoque feu notre fabuleux ami le grand Claude Riehl lecteur de Céline (et le plus fort !).
 
Bonus

lundi 11 avril 2011

Michel Onfray, l'Ami Public N°1


 RÉPONSE AUX RATS DE BLOG


La semaine dernière, j'ai mis en ligne un virulent "billet" qui "sigrolait" (comme on disait dans mes montagnes) Michel Onfray et surtout son public et ses lecteurs. Il m'attira illico des commentaires et des courriers indignés : en gros, selon eux, je n'étais qu'une saloperie publiant des saloperies, et sur ce point je ne leur donne pas tort, j'en suis même assez fier. Ce billet était ignoble d'après ces âmes sensibles aussi outrées que j'avais été outrancier, et aussi caricaturales que je les avais caricaturées.
Cela aussi je l'admets bien volontiers, et j'ajoute même que j'étais resté dans les limites de la politesse et de la courtoisie, car en réalité je suis mille fois plus ignoble, une ordure dans toute sa splendeur.
Toutefois je récuse le qualificatif de "méchant" : la méchanceté, j'en suis tout autant incapable que la bonté. Je ne suis pas méchant, je suis cruel, autrement dit irréfutable. J'ai un goût immodéré pour la pure vacherie. La vacherie pour le fun. Et en l'occurrence, je me contrefous royalement d'Onfray et de ses adeptes hallucinés : lui je ne le lis pas, et eux je les emmerde.
D'autres commentateurs vertueux m'ont demandé pour qui je me prenais, ou, variante : qui j'étais, moi, pour oser attaquer Onfray et ses disciples ? "Vous n'êtes personne, même pas un écrivain ! Où est votre œuvre pour vous en prendre ainsi à celle d'Onfray ?".  On m'a même fait miroiter un chouette chantage : ou je retirais ce billet, ou j'allais devoir en répondre devant les tribunaux, n'importe quel auditeur ou lecteur d'Onfray pouvant se sentir diffamé et se trouvant de fait en droit de se considérer victime de mes propos.
J'en passe et des meilleures… Brèfle…
Et voilà-t-il pas que dès le lendemain l'immonde billet n'était plus en ligne !
Ce serait-il donc que j'aurais plié devant les menaces, sinon même fait amende honorable ?
Je ne voudrais pas laisser croire à ces zozos qu'ils peuvent crier victoire.
Seule une malencontreuse boulette de manipulation est la cause de ce retrait.
Et le truc étant perdu il me fallait tout le retaper, en grande partie de mémoire, car je ne fais jamais aucun brouillon.
Fort heureusement je suis hypermnésique, pathologie souvent bien utile, et dopé au magnésium et au saucisson de montagne j'ai retrouvé une vitalité suffisante pour vaincre ma paresse naturelle.

Je redonne donc, augmenté de ces réflexions, le fameux billet, dans toute sa splendeur de saloperie.
En revanche je ne donne pas les commentaires : car ils sont anonymes. Ce sont œuvre de ce que j'appelle "rats de blogs".
Qu'est-ce qu'un rat de blog ?
C'est une répugnante bestiole qui s'introduit dans les sites des autres via les commentaires et laisse ses puants excréments sans le courage d'y planter sa carte de visite. C'est un courageux défenseur de la vertu qui n'a toutefois pas le courage de signer. C'est une grande gueule qui se défile. C'est un parasite cybernétique qui ne dit pas son nom. C'est un froussard au trouillomètre dans le rouge. 
Moi qui suis bien fier de n'être personne et ne me prends pas pour un écrivain, on sait où me joindre, je montre ma gueule, et mes sobriquets sont transparents. Je ne redoute sur cette terre que la maladie et les médecins. Je persiste donc, et je signe.

Ces chevaliers blancs de la tolérance, qui me rappellent vertement à son usage obligatoire, sont comme tous les adeptes de cette fumisterie : pas plus intolérant qu'un militant de la tolérance ! Quant à leur gourou Onfray, question tolérance, il n'a pas de leçons à donner. Il ne supporte pas la moindre contradiction. Et  que je sache il ne mâche pas ses mots pour dégommer ceux qui se trouvent en travers de son raisonnement.

Quant à moi, j'affirme mon intolérance. Pire même : je la cultive. Je passe ma vie à éviter ce qui me répugne d'instinct. C'est tout un art. Car ce qui m'insupporte est partout.

Irriter les irritables, indigner les indignables, faire gémir les plaignants, botter le cul des accroupis, emmerder les emmerdeurs, etc… : c'est pour moi une belle jubilation.
Et je constate à mon grand dam que peu d'idiots dans mon genre se consacrent à ce sport de haute catégorie sur la toile "littéraire" "française" (oh ces deux atroces adjectifs !). Et que je suis moi-même bien assagi et mesuré sur ce blog la plupart du temps. Sans doute vais-je en profiter un peu plus. C'est un grand honneur que de se faire des ennemis alors que le ouèbe semble tout entier conçu pour se faire des amis.

Pour être outrancier et intolérant, je n'en suis pas moins attentif aux bémols que peuvent exprimer des auteurs et des blogueurs dont je suis le lecteur réjoui. C'est ainsi que je prends pour moi (même si ce n'est dans doute pas le cas) ce qu'écrit Éric Chevillard dans son billet du mardi 5 avril, n°1200 de son Autofictif que je lis tous les jours depuis le n°1 :

" Nous tombons sur le râble des écrivains médiocres que le succès couronne malgré tout. C'est injuste. Ils n'ont rien fait en somme qu'écrire médiocrement en faisant de leur mieux, les malheureux. C'est leur succès qui nous consterne. Ils payent alors pour leurs lecteurs malavisés dont nous ne pouvons pourtant savonner une à une les trois cent ou cinq cent mille frimousses. "

Un blogueur, anonyme lui-aussi, m'a envoyé le commentaire suivant :

" Mais qu'est-ce qu'il t'a donc fait l'Onfray ? Et cette noble dame qui prenait la défense de l'outragé et s'indignait ? Qu'est-ce que t'es méchant, quand tu t'y mets… Moi j'aimerais bien lire la lettre de la noble dame en question… Et qu'on les laisse vivre, non ? Ils n'ont fait de mal à personne… L'Onfray, il fait son Onfray, toi tu le conchies, la noble dame le défend, moi je m'en fous, chacun défend sa (non) place ridicule dans le cosmos, non ?"

Je le remercie et lui réponds par ce mot de Talleyrand, cité par Clément Rosset :
" À un solliciteur éconduit par Talleyrand, qui se plaignait en disant " Il faut tout de même bien que je vive ! " Talleyrand aurait répondu par ces mots aussi atroces qu'irréfutables : "Personnellement je n'en vois pas la nécessité. "

J'ajoute à son intention que je ne tolère pas, sur la toile comme dans la vie, l'usage du tutoiement. Je ne le supporte pas de la part de ceux que je fréquente avec joie, comme je ne saurais l'admettre de la part d'un(e) inconnu(e) anonyme Il ne m'étonnerait pas que dans les rangs de cette partouze  ou plutôt de ce gang-bang verbal que sont les cours d'Onfray, les adeptes se tutoient automatiquement. Ce qui ajoute encore à ma répugnance.


MICHEL ONFRAY, L'AMI PUBLIC N°1


La légende veut que Michel Onfray se soit fait allumer par tout le monde à l'occasion de son pamphlet contre Freud. N'est pas un martyr qui veut : cet ami public numéro un aura beau faire, il ne sera jamais l'ennemi public numéro un. Il joue à guichets fermés et pourrait remplir le stade de France, bourrer Bercy comme Bigard, dont il est le pendant philosophique et l'exact contemporain : c'est donc à ce bouddhiste sarkoziste qu'on comparera ce nietzschéen libertaire, car on ne peut le ranger que dans la catégorie des humoristes dont ce pays est friand. Le traiter de philosophe serait aussi grotesque que lui coller sous le nez de clown une fausse moustache de Nietzsche.
Allumé par tout le monde ?
Par le gras Badiou ?
Par la mère Roudinesco ?
Par la chemise parlante BHL ?
Ah les éclatantes vieilles pétoires ! 
Arroseurs arrosés !

Soyons sérieux !
Un seul pistolero, impassible comme Lee van Cleef ou Clint Eastwood, a règlé son compte à Onfray, mettant du premier coup dans le mille de son blabla : Frédéric Schiffter. Qui compte également à son tableau de chasse cet autre blablateur comique, sosie de Coluche, Guy Debord. De philosophe digne de ce nom, dans ce pays,  je ne vois plus guère, depuis la mort de Cioran, que deux de vivants : ce  "philosophe sans qualité", que d'aucuns auraient surnommé "l'Escroc de Biarritz",  qui ne monte que sur une seule planche, de surf, et Clément Rosset. Tous deux s'imposent aussi comme les plus forts écrivains, et les plus drôles, les plus irrésistibles, les plus raffinés. Et à ceux qui ne seraient pas d'accord avec mes affirmations irréfutables, je rétorquerai comme dans la publicité pour les rillettes Bordeaux-Chesnel : " Décidément nous n'avons pas les mêmes valeurs."
L. W.-O.


LETTRE À UNE FAN DE MICHEL ONFRAY


Chère madame,

Oui j'ai bien dit ce que je vous ai dit de vive voix et que vous ne pouvez entendre.  Mais comme vous en remettez une couche par cette lettre où  vous clamez votre indignation devant ma révélation  de l'organe de cet agité, le sculptural pénis de ce cornichon mis en bocal, je vous le redis ici noir sur blanc, persistant et signant, et avec la banane, et juste pour le fun, car vous êtes aussi aveugle que sourde.

Il y a pire que Michel Onfray : ses lecteurs, son public, l'immonde élément dit "populaire" de son Université du même métal, les sinistres fans de ce charlatan, les ravis de sa secte, ces têtes-à-claques, ces incurables ahuris béats, ces derniers des cons magnétisés par ce premier de la classe, tous ces peine-à-jouir, ces puceaux et ces hystériques, éjaculateurs précoces et bonnes femmes frigides, hypnotisés par l'onanisme verbal d'un impuissant à tête de bizut, ces rayonnantes sales gueules, ces yeux crevés exorbités par l'espérance, ces affamés de culture prémâchée par un dentier et régurgitée à la becquée, ces effrayantes caricatures de la crédulité, cette classe morte, ces oreilles mortes, ces bites mortes, ces culs morts, ces cervelles mortes, ces dizaines de milliers de cadavres  persuadés de leur résurrection miraculeuse par la pédagogie d'un imposteur, brèfle…

Comme vous en êtes, chère madame,  et que je devine dans votre message outré une espèce d'appel au secours, c'est bien volontiers que je vous suggère la radicale solution à votre cas désespéré et vous recommande l'usage de ce seul tuyau efficace : le canon d'un revolver, à regarder bien en face pour voir sortir le petit oiseau. La tête est le seul point faible du zombie.

Je vous remercie de votre message menaçant  qui ne m'a nullement indigné, mais au contraire fait un bien fou, et donné l'occasion de vous pondre cette chouette réponse, dictée non par la vengeance mais par mon goût cruel pour la vacherie gratuite.

Bien à vous…

Louis Watt-Owen