samedi 12 janvier 2013

So what ?


Barry Cawston !!!! (site de l'artiste)

"Quand on revoit quelqu'un après de longues années, il faudrait s'asseoir l'un en face de l'autre et ne rien dire pendant des heures, afin qu'à la faveur du silence la consternation puisse se savourer elle-même."

lundi 10 septembre 2012

"Heureux de n'avoir pas à monter sur le pont…"


"Jim ne voyait rien que le désordre de sa cabine fortement secouée. Il était là, cloué sur le dos, au milieu d'un petit cataclysme, et il était secrètement heureux de n'avoir pas à monter sur le pont."

Joseph Conrad, Lord Jim

samedi 8 septembre 2012

LECTURES INNOMMABLES / 5





Cliquer sur les pages pour mieux lire
 Rappel : on donne de temps en temps des pages volées à des ouvrages rares, introuvables ou bien inaperçus, tous électrisants. Sans dire, bien-sûr, quel en est l'auteur.  L'exercice ayant excité ou agacé moult lecteurs, on tâchera de le proposer bien plus souvent.
Il ne s'agit pas de résoudre une énigme, mais tout bonnement de lire sans a priori. 
C'est ainsi, à l'aveugle, que l'on entend le mieux ce qu'ont lit : sans le fatras tympanisant que rameute dans la cervelle l'oblitération d'un nom propre. 
De toute façon, certains de ces noms seraient superflus, tant ils sont ignorés sous nos latitudes. Les donner reviendrait à amoindrir l'effet du texte : les inconnus inspirent méfiance. Superflus aussi les noms déjà familiers aux lecteurs sagaces, qui devineront l'auteur dès le premier coup d'œil : le leur préciser serait leur faire injure.
C'est en tout cas ainsi que j'aime le mieux lire : sans savoir qui cause. On entend alors tout de suite si il y a quelqu'un dans ce qui se dit.
Mes choix sont dictés par le beau hasard de la portée de main, de la trouvaille ou de la lubie passagère.
Je reprécise qu'il ne s'agit pas d'un jeu : je ne donnerai donc jamais "la bonne réponse".
Malgré tout, si certains lecteurs vraiment remués et devenus très curieux veulent à tout prix savoir, pour s'en procurer en quantité déraisonnable, je consentirai peut-être, selon comme je suis luné, à cafeter (en courrier mail privé) le nom de l'inconnu. On me conseille de faire payer ce petit service de l'"à tout prix savoir".  Ce sera donc à la tête du client ?
L. W.-O.

Pipelette pipole


Ceci n'est pas un écrivain.
L. W.-O.

Trous perdus

Trous perdus par L. Watt-Owen © août 2012, Ardennes
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Où j'étais passé ? Dans des trous perdus !
L. W.-O.

jeudi 30 août 2012

Retour du rédacteur


Retour en douce du rédacteur, qui a attendu que plus personne ne l'attende.
L. W.-O.

mercredi 6 juin 2012

" Le vrai joueur joue pour perdre…"







" L’homme est un drôle d’oiseau.
C’est le seul qu’on puisse plumer plusieurs fois de suite. "

*

" Le bonheur consiste peut-être à se contenter
de celui qu’on se procure."
*

"Le vrai joueur joue pour perdre."

*

"À un auteur qui lui repro­chait de ne pas être fidèle au texte :
- Je ne récite pas votre texte, je l’interprète !"

Jules Berry

mardi 5 juin 2012

Le cruel et son double / 6



À l'invitation du journal Le Monde et de l'Université du Maine au Mans, Clément Rosset a donné en novembre dernier une conférence sur le thème Le temps de vivre.  Les 37 réjouissantes minutes de cette intervention burlesque et d'autant plus efficace peuvent être visionnées en cliquant ici.

"Personnellement, je ne vois pas en quoi le fait que le train aille plus vite qu'avant constitue un motif de préoccupation; encore moins en quoi il nous ferait perdre du temps alors que, manifestement, il nous en fait gagner. 
On est en droit de soupçonner que ces terreurs qu'on dit nouvelles ne se distinguent guère de terreurs plus anciennes et que, dans ce cas, seule une erreur de perspective, un effet de trompe-l'œil nous fait différencier notre présent de notre passé. 
N'a-t-on pas vu jadis les prémices d'une fin du monde dans l'avènement de l'an 1000, l'apparition de la pomme de terre, le remplacement de la bougie par l'électricité ? 
Les hommes se sont toujours sentis à court de temps, sans possibilité d'accomplir dans les délais une tâche urgente. Ils avaient sûrement plus de temps, mais la tâche était plus longue à réaliser et l'urgence était la même."

Clément Rosset, Tout va plus vite ? Et alors ?
in Le Monde, 28 octobre 2011.

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Tous les billets consacrés à Clément Rosset 
sur La Main de singe

lundi 4 juin 2012

L'art de l'évidence

Larry & Barbara par Flore Kunst © / click to enlarge

Flowers par Flore Kunst © / click to enlarge

Skaker opera par Flore Kunst © / click to enlarge


L'excellent rédacteur d'Au carrefour étrange poursuit avec allégresse ses mises en lignes de choses excitantes. Je me suis bien trouvé de suivre son enjoué conseil de l'autre jour, en allant illico voir ce qui se montre d'étonnant ici.
Comme lui, à notre tour, cette mystérieuse Flore Kunst nous a épaté.

Je dis donc mille mercis pour ce tuyau, et le double du mien.

L. W.-O.

On tâchera désormais de donner régulièrement (comme autrefois) de nombreuses pistes vers des inventeurs d'images excitantes.

"Un homme comme moi…"



"Un homme comme moi, qui ne travaille pas, qui ne veut pas travailler, sera toujours détesté. J'étais dans cette maison d'ouvrier, le fou, qu'au fond, tous auraient voulu être. J'étais celui qui se privait de viande, de cinéma, de laine, pour être libre. J'étais celui qui, sans le vouloir, rappelait chaque jour aux gens leur condition misérable. On ne m'a pas pardonné d'être libre et de ne point redouter la misère."  

Emmanuel Bove, Mes Amis

dimanche 3 juin 2012

"Éponger la vie…"

Route d'Hotonnes par L. Watt-Owen © juillet 2011 / click to enlarge


" Quand on a été bien tourmenté, bien fatigué par sa propre sensibilité, on s’aperçoit qu’il faut vivre au jour le jour, oublier beaucoup, enfin éponger la vie à mesure qu’elle s’écoule."

Chamfort

vendredi 1 juin 2012

"Too much class for the neighbourhood !"

" C'est une loi sans doute naturelle qui veut que, tôt ou tard, deux voisins, même les plus courtois et civilisés, finissent toujours par en venir à un désir d'extermination réciproque."
Dostoïevski


The Dogs - Too Much Class For The Neighbourhood par scootaway

Précis de démolition







 
"Dans vos ruines, je me sens à l'abri."

Beckett à Cioran


mercredi 30 mai 2012

"…des mots d'hommes adressés à des hommes…"








" Dès l'instant où l'on n'est pas un matérialiste avéré c'est faire preuve d'indigence mentale et d'ineptie que de ne pas croire à la puissance des incantations et mantras. N'importe lequel d'entre nous a vu sa propre vie modifiée par des paroles qui n'étaient que mots d'hommes adressés à des hommes. Qu'il y ait de mauvaises recettes, de fausses formules, des "sésames" en toc et des bataillons de faux mages, d'escrocs, de simili-gourous ou de simples farceurs ne change rien à l'affaire. Les Indiens d'Amazonie achètent à Manaus de vieilles ampoules usées qu'ils suspendent par des ficelles pour décorer leurs paillotes. C'est joli; mais pour l'éclairage ! Évidemment, quand le courant n'y est pas ! Et cela ne prouve rien contre l'électricité. "

Nicolas Bouvier, Le Vide et le Plein,
Carnets du Japon, 1964/1970, 
© Folio-Gallimard

samedi 26 mai 2012

"Ainsi Watt ne voyait jamais Monsieur Knott, jamais jamais …"

L'écuelle de Knott par L. Watt-Owen © Bretagne, 2011 / click to enlarge





" On servait ce plat à Monsieur Knott, froid, dans une écuelle, à midi tapant et à sept heures précises du soir, d'un bout de l'année à l'autre.
C'est-à-dire qu'aux heures susdites Watt apportait l'écuelle, pleine, dans la salle à manger et la posait sur la table. Une heure plus tard il retournait l'emporter, dans l'état, quel qu'il fût, où Monsieur Knott l'avait laissée. S'il restait de la nourriture dans l'écuelle, alors Watt la transférait dans le plat du chien. Mais si elle était vide, alors Watt n'avait plus qu'à la laver, en vue du repas suivant.
Ainsi Watt ne voyait jamais Monsieur Knott, aux heures des repas. Car Monsieur Knott n'était jamais à l'heure, pour ses repas. Mais il était rare que son retard dépasse vingt minutes, ou une demi-heure. Et qu'il vide l'écuelle, ou qu'il ne la vide pas, il  n'y mettait jamais plus de cinq minutes, ou de sept tout au plus. De sorte que Monsieur Knott n'était jamais dans la salle à manger lorsque Watt apportait l'écuelle, et n'y était jamais non plus lorsque Watt retournait enlever l'écuelle. Ainsi Watt ne voyait jamais Monsieur Knott, jamais jamais Monsieur Knott, aux heures des repas. "

Samuel Beckett, Watt

ARCHIVES
Samuel Beckett dans La Main de singe (10 billets)

jeudi 24 mai 2012

"Comme le soleil était tout à fait couché, nous rentrâmes, et de la soirée, personne ne dit plus rien."

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" Toute la journée, pour éviter l’horrible chaleur, nous nous terrons dans notre case, mais au coucher du soleil, nous faisons "plage". 

Hier, comme à l’habitude, la conversation portait sur la brousse, et le missionnaire, grand chasseur, nous contait en un langage violent et avec un accent portugais roulant, ses prouesses cynégétiques et entre autres qu’il avait dû faire des massacres de singes qui avaient pris la sacrilège habitude de le bombarder de noix de coco pendant la messe.

Chacun s’esclaffait - lorsque l’Américain coupa net, en déclarant "que depuis la guerre - il ne tuait plus jamais de singes, ils ressemblent trop aux hommes", dit-il.

Comme le soleil était tout à fait couché, nous rentrâmes, et de la soirée, personne ne dit plus rien."

Louis-Ferdinand Céline
Lettre à Simone Saintu, Juillet 1916

Les véritables manières




" Les véritables manières s'apprennent auprès de gens parfaitement frugaux. "
Nicolas Bouvier, Le Vide et le Plein
Carnets du Japon 1964/1970
(Folio-Gallimard)

mercredi 23 mai 2012

INTERLUDES POUR INSOMNIAQUES / 36





LES DEUX CROCODILES, de Joël Seria (1987)
avec Jean-Pierre Marielle et Jean Carmet.
(Version intégrale)

Ce film sublime du grand Joël Seria est une de mes bobines préférées.
Combien de fois l'ai-je déjà vu ?
Je ne m'en lasserai jamais.
Rien de ce qui est en ce moment projeté à Cannes ne vaut une minute de ce noir délire jubilatoire.
J'ajoute que je vois dans ce film une espèce de suite à Bouvard et Pécuchet, loin de la Normandie, dans cette Bretagne de Quimper où Flaubert traîna ses guêtres par les champs et par les grèves.
Voilà un film impitoyable.
Qui, de nos jours, ose de telle énormités ? Est capable d'un tel humour ? D'une telle délicatesse ?

Marielle et Carmet sont au top, impeccables comme toujours.