vendredi 3 juillet 2015

Que crèvent les Guignols !



Le drame national du jour dans ce pays à la con serait la mise au placard sine die par Vivendi des immondes marionnettes des Guignols de Canal Plus. 

Contrairement à ce qu'on nous serine, cette mise au placard n'émane pas d'un complot anti-Guignols par des guignolisés indignés et vengeurs. Comment croire à cette farce ? Il se passe tout bonnement qu'une émission dite culte, née au siècle précédent, devenue la pâle copie de sa légende déjà faisandée, a fait son temps, ne fait plus recette ni audimat profitables et un conseil d'administration implacable dans ses décisions budgétaires la supprime sans vergogne des programmes, ayant juste attendu humainement que son producteur-créateur finisse par crever, mais pas un jour de plus.

Au premier rang de la mobilisation contre la décision de Monsieur Bolloré, on trouvera bien-sûr les guignolisés eux-mêmes. Car désormais qui n'a pas l'honneur de possèder son double caricatural en marionnette n'est plus personne. C'est donc l'affollement général, des politiques aux pipoles. Ces gens sont prêts à tout pour que s'agite leur double grotesque en prime time. Pensez ! Les Guignols leur assurent, outre une consécration médiatique, une gloire confortable car ils ne les roulent nullement dans la merde, ne les montrent nullement sous leur mauvais jour. Les Guignols sont moins caricaturaux que les guignolisés eux-mêmes. Les doubles plus chouettes et moins sinistres que les originaux. Sympas et rigolos. Plus humains en somme !

Si les Guignols disparaissent, voici chacun, parmi tout ce beau monde, réduit à n'être plus, comme n'importe qui, que ce qu'il est car il n'est et ne sera jamais que cela : sa propre caricature, sinistre et effarante, ennuyeuse et d'une abyssale connerie, l'incarnation tout de suite lassante de son insignifiance, de sa saloperie effrayante, de sa hideur sans fard, l'évidence de son incompétence manifeste, comme l'avatar consternant de toute sa mégalomanie — en somme : rien que sa propre imposture. Une enflure, vide, et qui va crever.

Sans les Guignols, ces enflures devront désormais se contenter de parader en personne sur des plateaux, réduits à un minable jeu de grimaces de zombies, à bafouiller inlassablement des éléments de langage, avec pour seule tenue un balai dans le cul.

Leurs lourdauds Guignols, au moins, semblent animés d'une vie, débitent des répliques d'humoristes professionnels, et sont manipulés par des champions du monde de fist-fucking.

Enfin les Guignols m'auront-ils fait rire une fois : en passant à la trappe sans s'y attendre. 

Merci Monsieur Bolloré, pour cet audacieux et inattendu baisser de rideau sans tralala. Pour ce Happy End d'un brutal et réjouissant burlesque.

L. W.-O.

4 commentaires:

kwarkito a dit…

Voilà un point de vue très réjouissant et une saine colère.

nos consolations a dit…

Malheureusement, je crois que la mobilisation très médiatisée leur a sauvé le latex...

BiBi a dit…

Le seul Guignol granguignolesque, c'est BiBi.

http://bit.ly/1kVX2u4

Lucien Suel a dit…

BRAVO !