samedi 24 octobre 2015

"La seule prouesse intéressante en ce monde est pour moi de ne rien faire que ce qui me plaît…"



Dans Cher Picaro, l'épatant journal des années 50 de Jacques d'Arribehaude (L'Âge d'Homme, 2003) je tombe par hasard sur le témoignage de sa rencontre impromptue avec Cioran, qui mérite d'être cité. Voilà des pages remarquables, qui plus est rares et singulières pour leur époque. Qu'elles incitent à lire Jacques d'Arribehaude, que les amateurs de Céline ont déjà eu l'occasion de croiser. Chapeau bas !
L. W.-O.
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7 commentaires:

Frédéric Schiffter a dit…

Alors là! Quelle trouvaille! Chapeau, Sir.

Louis Watt-Owen a dit…

Cher Frédéric,
Le beau hasard d'une vie bordélique fait toujours bien les choses.
On se met à lire un bouquin parce qu'on l'a remué en pestant pour en chercher, en vain !, un autre.
On le feuillette d'un œil torve en lui en voulant presque, car ce n'est pas lui qu'on voulait.
Et au premier coup d'oeil on tombe sur LA trouvaille inouie, que l'on n'aurait bien-sûr jamais imaginée.
On n'en revient pas d'être aussi verni.

La chance ne sourit bien-sûr pas à n'importe qui.
Il faut la vie qui va avec : à savoir beaucoup de temps à perdre.
Et le bordel est aussi une condition essentielle.
Seule une vie de lecteur dillettante et flemmard peut garantir les fortes joies de découvertes incroyables.
J'en ai fait cent mille fois l'expérience troublante.

Dans ce cas du journal de d'Arribehaude, seul l'amateur sérieux de Cioran voit tout de suite autre chose qu'une anecdote de plus ou une broutille insignifiante. Les pépites ne sautent pas aux yeux des aveugles. C'est bien-sûr quand on ne cherche pas qu'on trouve. En somme c'est le contraire du réflexe Google.
Emmerdons les algorithmes totalitaires !
Vivons comme le dit Cioran dans ces pages incroyables.

Vous qui remuez ces jours votre bibliothèque, je ne doute pas que vous fassiez d'incroyables découvertes.

L. W.-O.

nos consolations a dit…

Effectivement, quelles belles pages, merci. A lire votre réponse à FS, je n'ose demander quel était le précieux livre recherché au point d'en vouloir à celui-ci...

Louis Watt-Owen a dit…

Quel livre je cherchais en vain ?
Je vous le donne en 1000 !
Le livre de Cioran le plus snobé,
le plus méconnu,
le plus beau (son éditeur est sans doute celui a le plus de goût dans ce pays de cochonneurs),
le plus étrange,
le plus rigolo,
le plus difficile à lire (mais de fait aussi le plus jouissif ! : je me casse la tête dessus depuis que je l'ai), etc…
Il faut dire qu'il est traduit dans une langue plus étrange encore que le basque !
Surtout : il est préfacé par un philosophe de ces latitudes basques, que, dixit Clément Rosset, certains surnommèrent autrefois "L'Escroc de Biarritz" !

Il fut donc, vous l'imaginez bien !, encore plus troublant de trouver les pages de d'Arribehaude, qui évoquent Cioran et les basques, puisque je cherchais ce drôle de bouquin de Cioran.

L. W.-O.

nos consolations a dit…

Alors, voilà, si je gougueulise "escroc de Biarritz", je tombe sur http://www.sudouest.fr/2015/03/28/l-escroc-au-colis-arrete-1873893-3955.php, un type qui trafiquait des lingettes pour du matériel dentaire (je n'ose imaginer un rébus pour décrire ce fait divers) ou bien, mais là, on frise l'aphorisme : http://www.sudouest.fr/2015/07/06/il-arnaque-les-jacqueline-1993589-813.php. Merci en tous cas pour ces quelques minutes de rire en ce dimanche matin !

Frédéric Schiffter a dit…

Vous allez rire, mais je l'ai cherché, ce bouquin, il n'y a pas longtemps. J'espère le retrouver en déménageant ma bibliothèque…

Louis Watt-Owen a dit…

Télépathie cher Frédéric !
Télépathie !
Ainsi que vous avez déjà pu le constater l'autre jour sans que ni vous ni moi n'ayons triché comme dans un sketch de Francis Blanche.
Voilà une nouvelle preuve !
Et peut-être même y-a-t-il eu télépathie entre votre exemplaire et le mien : ils se sont mis d'accord pour se planquer et nous faire bisquer !
À moins que Cioran himself, depuis les Elysées, ne soit pas pour rien dans ces farces. Titiller ses vrais lecteurs le réjouissait. Quant à ses non-lecteurs il les ignorait.

L. W.-O.